Bas revenus: un peu de beurre dans les épinards...

Dans une cuisine de restaurant.
© Thierry Porchet

Nombre de travailleurs actifs dans la restauration, le domaine de la culture, de l’aviation ou encore d’autres branches directement ou indirectement affectées par les effets de la pandémie du Covid-19 peinent à joindre les deux bouts.

Les indemnités chômage sont augmentées pour les personnes soumises au régime de la réduction d’horaire de travail et touchant de bas revenus

Bouffée d’oxygène pour les travailleurs percevant des bas revenus et soumis à la réduction d’horaire de travail (RHT). Peu avant Noël, le Parlement a accepté d’augmenter les indemnités chômage pour ces catégories de personnes. Concrètement, les employés concernés, soit ceux gagnant à plein temps pas plus de 3470 francs, toucheront rétroactivement depuis le 1er décembre dernier et jusqu’en mars prochain inclus l’intégralité de leur salaire au lieu des 80% actuels. Ceux qui étaient payés plus de 3470 francs et jusqu’à concurrence de 4340 francs verront aussi leurs indemnités en cas de RHT augmentées durant ce même laps de temps de quatre mois. «C’est un progrès très important. Nous sommes contents d’être parvenus à une solution», commente Daniel Lampart, premier secrétaire de l’Union syndicale suisse (USS). Une issue pour laquelle il aura fallu batailler ferme afin de contrer les résistances du Secrétariat d’Etat à l’économie. Mais si le collaborateur de l’USS est ravi que la lutte ait porté ses fruits, il temporise: «C’est un grand soulagement pour les plus bas revenus. Nous aurions toutefois voulu que la mesure s’applique à l’ensemble des travailleurs en RHT dont les rémunérations ne dépassent pas les 5000 francs. Mais voilà... L’important aujourd’hui est que la disposition entre rapidement en vigueur. Que le personnel ait au plus vite accès à ces compensations.» Et le syndicaliste de rappeler que nombre de travailleurs dans la restauration, dans le domaine de la culture, dans l’aviation ou encore d’autres branches directement ou indirectement affectées par les effets de la pandémie du Covid-19 peinent à joindre les deux bouts. «Malheureusement dans ces secteurs, les salaires inférieurs à 4000 francs sont encore une réalité largement répandue. S’il ne reste que 80% du salaire pour vivre en cas de chômage partiel, la situation déjà difficile en temps normal devient encore plus dure, voire impossible.» Et Daniel Lampart d’insister sur la nécessité de verser désormais ces fonds dans les meilleurs délais. Avec une possibilité, à l’échéance de fin mars, de reconduire la mesure? La question reste ouverte, mais l’optimisme est pour le moins modéré...