C’est dans l’intérêt de l’homme du XXIe siècle de soutenir la grève des femmes

En complément de votre Point de mire dans L’ES du 6 février, intitulé «Tous ensemble pour l’égalité», je souhaite appuyer le fait qu’il est dans l’intérêt de l’homme du XXIe siècle de soutenir la grève des femmes et l’ensemble de leurs revendications. Car nous aussi, les mâles, sommes victimes de discriminations.

Combien d’entre nous veulent s’impliquer dans leurs familles, être là pour leurs enfants, partager véritablement les tâches ménagères et l’organisation du foyer? Beaucoup le font déjà et c’est bien là le signe que les gens évoluent bien plus vite que le monde du travail. Mais peut-on avoir tous le choix de répartir le travail à temps partiel dans le couple quand madame gagne un cinquième de moins?

Dans un monde où les salaires évoluent moins vite que les coûts de la santé, les familles sont trop souvent forcées de faire le choix du «qui gagne le plus, bosse le plus». Et c’est pour cela que les femmes sont toujours plus astreintes que les hommes aux tâches ménagères et d’éducation. Mais c’est aussi pour cela que les secteurs d’emplois essentiellement masculins, comme la construction, ne reconnaissent absolument pas la possibilité du temps partiel et, surtout, le statut du père moderne.

Or, notre société évolue toujours plus vite que les mentalités professionnelles. Les familles monoparentales sont de plus en plus faites de pères célibataires et de gardes partagées. Ce qui est encore un signe d’évolution vers l’égalité des sexes. Mais les enfants sont encore une fois les premières victimes de ce monde du travail et de nos législateurs de la droite patronale qui refusent d’accepter l’évidence que l’égalité salariale est aujourd’hui vitale à la bonne marche de notre société.

Eric Ducrey, machiniste et père célibataire, président de la construction d’Unia Fribourg, Chanéaz