Des hommes sur scène contre le modèle patriarcal

Homme au coucher du soleil
© Métis’Arte

A travers une pièce de théâtre, des stages et un court métrage, l’association Métis’Arte questionne les notions de genre et de masculinité

C’est l’histoire de quatre pères séparés vivant ensemble avec leurs enfants dont ils ont la garde à temps partiel. Dans une maison rose, à une trentaine de kilomètres de Córdoba, ville du centre de l’Argentine, une coexistence improbable prend forme. Propulsé dans ce microcosme peu commun, Diego Vallarino – homme de théâtre social et documentariste, fondateur de l’antenne argentine de Métis’Arte (association vaudoise qui crée des ponts entre la culture et le social) – a filmé pendant un an ce quotidien masculin d’où émergent un partage des tâches atypique et de nombreux questionnements sur la parentalité. Le documentaire intimiste Casa Jacarandá, la maison (casa) suivie du nom de l’immense arbre de leur jardin (Jacarandá) – symbole du temps qui passe –, donne à voir cet univers créatif en mouvement. «Ils apprennent à être père tous ensemble, à être solidaires. La confiance et l’affection sont présentes entre tous les enfants et chaque adulte. Bien sûr, avant de vivre ensemble, c’était déjà des gars ouverts, qui faisaient déjà leur part dans leur foyer, mais sans jamais se poser de questions sur leur masculinité et ayant grandit dans un système patriarcal», explique Diego Vallarino en tournée en Suisse pour la projection de son documentaire, l’organisation de stages de théâtre social avec son compère Andrés Oviedo sur les notions de genre et la présentation de leur pièce de théâtre Cazzo, le macho de ta vie.

En recherche

«Cela nous semble important de nous positionner, en tant qu’homme hétéro, contre le modèle patriarcal et le machisme, alors que nous souffrons aussi de ce système», souligne Diego Vallarino. Et d’ajouter quant à cette posture encore rare: «On est en perpétuel questionnement et apprentissage.» Dans leur spectacle, les artistes cherchent à montrer la construction, dès le plus jeune âge et de manière inconsciente, du machisme. Leur objectif: «Sensibiliser le public au rôle des hommes, aux manières de se concevoir eux-mêmes et aux possibilités identitaires qui nous sont interdites par le machisme.» D’où l’importance aussi des débats et des discussions qui suivent les représentations. Alors que le féminisme vit un nouvel essor, le masculin antipatriarcal a déjà ses Rencontres en Argentine, relève Diego Vallarino: «C’est une manière, avec notre humble position, de soutenir la lutte des femmes, que ce soit en Suisse, en Argentine ou partout ailleurs dans le monde. Ce n’est pas encore à elles de s’occuper d’éduquer les hommes! C’est à nous de nous prendre en main.»
 

Lausanne, cinéma Oblo

(Av. de France 9)

1er février, 20h, pièce de théâtre Cazzo, le macho de ta vie, suivi à 21h30 du film Casa Jacarandá (Alma pater).

 

Genève, Infokiosque

(Ecurie de l’Ilot 13, rue de Montbrillant 14)

5 février, 19h, Cazzo, le macho de ta vie.

 

Lausanne, Pôle Sud

(Av. J.-J. Mercier 3)

8 février, dès 18h: présentation de l’antenne de Métis’Arte Argentina.

19h: pièce de théâtre Cazzo, le macho de ta vie (entrée 15 francs).

Dès 20h15 (entrée libre): bar ouvert et empanadas.

21h: projection du documentaire Casa Jacarandá (25 minutes).

21h30: débat.

9 et 10 février, de 13h à 18h, Atelier-laboratoire de théâtre social axé sur les questions de genre (13h-18h), animé par Diego Vallarino.

 

Plus d’informations et inscriptions: polesud.ch ou metisarte.org ou metisartesedeargentina.blogspot.com