Favoriser la mobilité durable...

Distributeur de billets de bus.
© Thierry Porchet

Bientôt la fin des distributeurs à billets dans le canton de Vaud? Selon les partisans de l’initiative, le prix des trajets est le principal frein au recours aux transports collectifs. La gratuité favoriserait la diminution des parcours en voiture.

L’initiative en faveur de la gratuité des transports publics dans le canton de Vaud a abouti haut la main

Alors qu’il fallait réunir 12000 signatures, plus de 16000 personnes ont paraphé l’initiative populaire en faveur de la gratuité des transports publics dans le canton de Vaud qui devrait être déposée cette semaine à la Chancellerie. Un chiffre atteint par ailleurs plus d’un mois avant la date d’échéance. «La récolte de signatures a été très facile. Nombre de partisans venaient vers nous spontanément», note ravie Franziska Meinherz, membre du comité d’initiative. La conseillère communale à Lausanne, active au sein de Solidarités et de la Grève du climat, voit dans cette situation un intérêt clairement significatif à ce projet porté par sa formation politique et le POP avec le soutien des Jeunes Verts, du Parti Pirate, de l’Association Acidus pour la défense du service public, de la Grève du climat, de l’Avivo ou encore de syndicats à l’image d’Unia. Les objectifs poursuivis par les initiants sont d’ordre écologique, économique et social. Selon ces derniers, le principal frein au recours aux transports collectifs tient au prix du billet. La gratuité favoriserait la diminution du nombre de trajets en voiture. Et, partant, aurait un impact positif sur l’environnement avec une réduction des émissions carbones et des particules fines. «Nous souhaitons ainsi promouvoir une mobilité durable.» Si la proposition passe la rampe, tous les résidents du canton auront la possibilité de se déplacer à l’œil sur le sol vaudois. Qu’ils prennent des bus ou des trains régionaux. Le coût d’une telle opération s’élèverait à quelque 300 millions de francs annuellement, à la charge de l’Etat.

Facteur d’inclusion sociale

Les partisans proposent trois sources pour financer la démarche visant également un élargissement de l’offre en la matière, en particulier en périphérie: la valorisation des excédents budgétaires du canton, une contribution des entreprises via une augmentation de l’imposition de 13,79% à 15% comme le préconise l’OCDE et la suppression des déductions fiscales pour frais d’utilisation des transports publics. La part des sociétés se justifierait par le fait qu’elles génèrent la majorité des déplacements entre le travail, les loisirs et les achats. «Ce projet exclut toute hausse d’impôts des ménages. Nous défendons l’idée d’une écologie sociale.» Le comité rappelle que les entreprises de transport sont déjà aujourd’hui subventionnées à hauteur de 50% à 80% environ. Il estime en outre que l’introduction de la gratuité favorisera l’inclusion sociale, permettant à tout un chacun, y compris les personnes à revenu modeste, de se déplacer librement. Cette situation devrait aussi profiter à l’économie du canton. Les initiants notent que les ménages consacrent 10% de leur budget au transport, l’épargne réalisée augmentera leur pouvoir d’achat et pourra être investie dans la consommation locale. Autres arguments mis en avant: l’impact positif sur les visites touristiques et une redynamisation des centres-villes avec, partant, une relance d’activité des commerces. Ces dernières prévisions se fondent sur des démarches comparables mises en œuvre dans différentes villes. «Dans toutes les régions qui sont passées à la gratuité, une hausse importante de la fréquentation a été observée: 150% sur trois ans à Aubagne, 80% sur un an à Dunkerque...» peut-on lire sur le site du comité.

L’idée de la gratuité des transports publics n’est pas nouvelle. Elle a déjà fait son chemin dans d’autres cantons comme à Neuchâtel, Fribourg et la ville de Berne. Rappelons encore que cette question avait été rejetée par le Parlement vaudois en 2020. La population aura désormais le dernier mot, au plus tôt cet été, mais plus probablement l’an prochain.