Interdits de centre commercial après leur action anti-Black Friday

Une quarantaine de militants ont été bannis de Fribourg Centre pour trois ans, et une plainte pénale a été déposée contre eux. Une large alliance dénonce cette répression

Petit retour à la fin de l’année passée. Le 29 novembre, à l’occasion du Black Friday, des actions ont eu lieu dans toute la Suisse pour dénoncer l’impact écologique désastreux de cette journée de consommation massive. A Fribourg notamment, des manifestants des collectifs Grève du climat et Extinction Rebellion avaient réalisé un sit-in devant l’entrée principale du centre commercial Fribourg Centre, accompagné d’une performance théâtrale.

A la suite de cela, une quarantaine de militants se sont vu notifier, pour une durée de trente-six mois, une interdiction de pénétrer dans l’ensemble du complexe Fribourg Centre, comprenant non seulement des magasins mais aussi un cinéma multiplex, des restaurants et des pharmacies. Par ailleurs, l’Association des commerçants du lieu ainsi que son propriétaire, la Caisse de pension du canton de Zurich, ont déposé une plainte pénale pour contrainte.

Une répression vivement dénoncée par une large alliance de collectifs, de partis et d’élus lors d’une conférence de presse le 14 février, suivie d’un rassemblement de protestation en fin de semaine dernière suivi par une centaine de personnes. «Des dizaines de militants qui s’engagent bénévolement et pacifiquement pour lancer l’alerte sur l’urgence climatique en cours et pointer du doigt la responsabilité de certains acteurs économiques sont aujourd’hui sanctionnés, dénonce leur communiqué de presse. A une restriction de leur liberté de circuler au centre-ville et une privation de l’offre culturelle cinématographique, s’ajoute la menace de coûteuses procédures judiciaires, ainsi que de peines civiles et/ou pénales.»

Pour l’alliance, qui réunit, outre la Grève du climat et Extinction Rebellion, Solidarités, des féministes, Attac ou encore les Jeunes socialistes et les Jeunes POP, cette répression vise à «intimider et décourager ces militants, alors que leurs revendications sont chaque jour plus urgentes», à l’image des récents procès ou des violences policières qui ont touché des activistes du climat ou encore de la cause féministe et celle des droits des migrants.

Partant, ils demandent la levée de toutes les sanctions et plaintes pénales contre les personnes ayant participé au sit-in du 29 novembre, mais aussi la prise en compte par les pouvoirs politiques et économiques fribourgeois des revendications de ces mouvements, à savoir la mise sur pied de mesures drastiques et immédiates à même de stopper le réchauffement climatique.