La CGAS juge «inacceptable» de lier PF17 à l’AVS

Manifestants tiennent une banderole: "Nous payons, les grands actionnaires en profitent. Non à l'arnaque de l'imposition des entreprises!"
© Thierry Porchet

Les syndicats suisses, comme ici à Genève en janvier 2017, s’étaient mobilisés contre la 3e Réforme de l’imposition des entreprises, qui revient aujourd’hui sous le nom de PF17.

Les syndicats genevois refusent de coupler la réforme de la fiscalité des entreprises à celle des retraites

Les membres du bureau de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) ont réagi au quart de tour lorsqu’ils ont appris que la Commission de l’économie du Conseil des Etats avait imaginé de lier le Projet fiscal 17 (PF17) à la consolidation de l’AVS. «Inacceptable», ont martelé les responsables syndicaux genevois la semaine dernière au cours d’une conférence de presse où ils ont dit tout le mal qu’ils pensaient d’une idée saluée par le Parti socialiste suisse comme un «compromis acceptable». «En échange d’un cadeau de 2,1 milliards de francs aux entreprises qui réalisent déjà de substantiels bénéfices, la Confédération s’engagerait à appliquer le mandat constitutionnel sur l’AVS. C’est se moquer de la population», relève Paolo Gilardi. Pour ce syndicaliste du Syndicat des services publics, le renforcement de la participation de la Confédération au fonds AVS serait «minime», tandis que «l’augmentation des prélèvements obligatoires se traduirait de fait par une baisse du pouvoir d’achat des salariés». Une réduction du revenu disponible encore aggravée par le relèvement de la TVA, «l’impôt le plus antisocial, qui frappe le plus durement les salariés à bas revenu», pointe, de son côté, Davide de Filippo, cosecrétaire général du Sit. Sans compter que la diminution des recettes fiscales «conduirait à une dégradation des prestations fournies à la population par les Cantons et les communes», explique, pour sa part, Alessandro Pelizzari. Pour le secrétaire régional d’Unia Genève, il faut, au contraire, préserver le financement des services publics et stopper la concurrence fiscale intercantonale. C’est le but de l’initiative cantonale «Zéro perte» lancée il y a quelques mois par la gauche et les syndicats.

Cette position a été réaffirmée par une résolution votée par l’assemble des délégués de la CGAS jeudi dernier. Le texte, où l’adjectif «inacceptable» revient à huit reprises, a été communiqué à l’assemblée des délégués de l’Union syndicale suisse qui se tenait le lendemain. «La CGAS a été à l’initiative du référendum contre Prévoyance vieillesse 2020», rappelle Manuela Cattani, présidente de la CGAS. «Et depuis deux ans, nous avons travaillé de manière approfondie sur la réforme de la fiscalité des entreprises. Il est donc important de faire connaître notre position et de discuter avec l’USS.»

Les délégués de l’USS n’ont toutefois pas suivi les Genevois. Selon le communiqué de la faîtière, ils considèrent que «renforcer les finances de l’AVS dans le cadre du Projet fiscal 17 est une bonne décision». L’USS ne se prononcera toutefois «qu’une fois que les décisions seront connues dans le détail». «La position de l’USS n’est pas vraiment la nôtre, observe Alessandro Pelizzari. La position d’Unia sera, elle, définie dans quelques jours par le comité central.»

 

Alessandro Pelizzari à la tête de la CGAS

Secrétaire régional d’Unia Genève, Alessandro Pelizzari a été nommé président de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) jeudi dernier. Manuela Cattani du Syndicat interprofessionnel des travailleurs (Sit) a passé le témoin à son vice-président lors de l’assemblée des délégués de la faîtière des syndicats genevois. Pour coordonner les vingt composantes de la CGAS représentant 37000 affiliés, Alessandro Pelizzari sera assisté de trois vice-présidents: Davide de Filippo, cosecrétaire général du Sit, Clément Dubois, secrétaire syndical à l’Association suisse des employés de banque (Aseb, et Joël Mugny, secrétaire responsable de Syna.