La santé au cœur des votations 

L’initiative pour le remboursement des soins dentaires entend permettre un accès aux traitements pour tous.
© Pierre Noverraz

L’initiative pour le remboursement des soins dentaires entend permettre un accès aux traitements pour tous.

Les Genevois devront se prononcer le 10 février sur deux initiatives lancées par le Parti du Travail, à savoir le remboursement des soins dentaires et la caisse maladie publique à but social

Deux objets en lien avec la santé seront soumis aux électeurs du bout du lac: «Pour le remboursement des soins dentaires» et «Pour une caisse d’assurance maladie et accidents genevoise publique à but social». Les initiatives, lancées par le Parti du Travail, plaident toutes deux pour un système de soins plus performant, plus juste et plus accessible.

Concrètement, la première demande la modification de la Constitution cantonale afin que soit mise en place une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base, tels que les caries, les abcès, les couronnes, les détartrages ou encore l’orthodontie. Par ailleurs, l’initiative populaire propose un renforcement de la prévention, qui permettra, à long terme, de réduire les coûts de la santé. Son financement serait comparable à celui de l’assurance maternité, à savoir une retenue sur le salaire en fonction de son montant, et une cotisation prise en charge à la fois par l’employé et l’employeur.

Le but est double: réduire le coût des soins dentaires, et permettre un accès aux soins dentaires pour tous. Par la même occasion, la concrétisation de ce projet de loi mettrait un frein au tourisme dentaire, notamment en France et en Hongrie, et préserverait l’emploi dans la région genevoise. Les initiants rappellent l’urgence de la situation: 20% de la population, et jusqu’à un tiers dans les milieux les plus défavorisés, renonce à se faire soigner à cause des coûts trop élevés. De même, depuis 1994, la santé dentaire des enfants se dégraderait. La promesse constitutionnelle à des soins médicaux essentiels et un accès équitable à des prestations de qualité pour tous n’est donc pas tenue. C’est pourquoi le comité de soutien à l’initiative, composé de la gauche, des syndicats et de nombreuses associations, entend rendre à la fonction publique sa véritable vocation. «Actuellement, les caisses maladie proposent des assurances complémentaires privées pour le remboursement des soins dentaires. Les profits réalisés par ces assurances participent à la privatisation de la santé et à défendre un système inéquitable.»

Une caisse publique et transparente

La seconde initiative, prévoyant une modification constitutionnelle de l’article 172, veut mettre un terme à un système d’assurance maladie «devenu intolérable», selon les initiants. Elle propose la création d’un établissement public autonome, transparent, à but social et détaché des intérêts de groupes d’assurances privés. Intégré au système actuel de la LAMal, cette caisse obéirait aux mêmes règles que ses concurrentes privées. Une alternative pour tous ceux qui ne veulent plus avoir affaire aux assureurs privés et leurs lobbys. «Chaque année, les caisses d’assurance privées nous infligent des augmentations de primes records, si bien que ces primes ont plus que doublé depuis l’introduction de la LAMal et atteignent aujourd’hui à Genève des montants insoutenables», dénonce le comité d’initiative, qui rappelle que la prime moyenne d’assurance maladie a dépassé les 600 francs par mois et par personne. L’objectif de cette initiative est simple, à savoir proposer des primes abordables et rembourser correctement les soins. Cette dernière suggère que cette caisse publique soit contrôlée par la Cour des comptes et supervisée par un conseil d’administration représenté par des membres du Grand Conseil. En 2014, l’initiative fédérale pour une caisse publique, refusée à plus de 71% au niveau suisse, avait été acceptée à plus de 57% par les Genevois. Si une solution au niveau fédéral est préférable selon les initiants, impossible d’attendre que le débat se débloque.

Le projet, contrairement aux soins dentaires, ne fait pas l’unanimité à gauche. Les socialistes sont contre, tandis que les Verts ont décidé de s’abstenir. Epilogue le 10 février prochain.