Le second œuvre romand chauffe

des artisans en pause avec syndicalistes d'Unia
© Neil Labrador

Le temps d’une pause café, Unia Fribourg a réuni des travailleurs présents sur un chantier de villas pour les informer des négociations salariales qui vont débuter cette semaine.

A l’aune des négociations salariales, Unia Fribourg a réuni des travailleurs du second œuvre pour les inviter à se mobiliser pour de meilleures rémunérations

Six ans que les salaires n’ont pas été augmentés dans l’artisanat. Le 12 octobre, une pétition pour une augmentation mensuelle de 120 francs sera remise aux patrons à Tolochenaz lors de la première séance de négociations salariales entre les partenaires sociaux de la Convention collective de travail du second œuvre romand (CCT-SOR) – qui regroupe sept cantons, plus de dix branches professionnelles et quelque 20000 travailleurs.

Jeudi dernier, le 4 octobre, à Corminboeuf près de Fribourg, la région d’Unia a invité les travailleurs à partager une pause café, dans l’une des nombreuses villas en construction du quartier, afin de leur rappeler l’importance de se mobiliser pour leurs conditions de travail.

«Après six ans sans augmentation de salaire, c’est le moment de s’unir. Le patronat s’est rempli les poches, vous, non!» rappelle Fatima Pinto Oliveira, secrétaire syndicale, responsable de l’artisanat, devant une trentaine de travailleurs présents.

«Face à l’énorme volume de travail et à la guerre des prix, une CCT solide et une augmentation salariale sont nécessaires», renchérit Armand Jaquier, secrétaire régional.

Les travailleurs acquiescent en buvant leur café. En aparté, l’un d’eux explique: «Par rapport aux coûts de la vie, les salaires ne sont pas corrects. L’augmentation de 120 francs, ça me fait rigoler. C’est le minimum!» Peintre depuis près de vingt ans, il relève la dégradation des conditions de travail: «On est toujours en train de courir sur les chantiers. On n’a plus le temps de bien faire les choses.

Heures pas payées

» D’autres ouvriers se plaignent auprès des secrétaires syndicaux présents sur leurs heures de travail pas comptabilisées. «Le temps que je passe à charger la camionnette, le patron ne me le paie pas», relève un travailleur. Et son collègue de renchérir: «Les heures de travail faites avant 7h ne me sont pas payées. Dès fois je les note, mais le patron les trace. Donc souvent, je ne les note pas.» Entre tristesse et colère, un ouvrier fait remarquer: «Les gens se plaignent, mais devant le patron personne ne parle.» Fatima Pinto Oliveira entend, quant à elle, les nombreuses doléances sur les chantiers: «Beaucoup évoquent de mauvaises conditions de travail, des déplacements et des repas non payés, des salaires qui n’augmentent pas.»

Alors que la majorité des ouvriers ont repris leur travail, Matteo Guagenti, secrétaire syndical dans l’industrie, motive les quelques travailleurs arrivés plus tard: «Vous tenez le couteau par le manche. Si vous décidez de ne pas travailler un jour, l’employeur ne pourra pas faire le malin. Même si, bien sûr, dans l’idéal on a envie que les relations avec les patrons soient harmonieuses.»

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