Les électriciens récompensés

Le 19 mai 2018, quelque 400 électriciens venus de toute la Suisse ont manifesté à Zurich devant le siège des patrons pour exiger des améliorations substantielles de leurs conditions de travail et d’embauche.
© Lucas Dubuis/Unia

 

 

Après des mois de mobilisation, les électros pourront bénéficier d’une nouvelle CCT dès le 1er janvier 2020, comprenant notamment d’importantes avancées salariales. Détails

Déjà ratifiée par les syndicats, la nouvelle CCT 2020-2023 de l’installation électrique et de l’installation de télécommunication devait encore être avalisée par la partie patronale. Depuis le 12 septembre, c’est chose faite!

La lutte aura payé pour les 24000 employés du secteur. Après plusieurs mois de mobilisation, une pétition signée par plusieurs milliers de travailleurs et une manifestation en mai 2018 devant le siège zurichois de l’USIE (association patronale devenue cette année EIT.swiss), leurs conditions de travail vont enfin être améliorées, et leur labeur revalorisé. Il faut dire que, depuis quelques années, le secteur doit faire face à un désintérêt et aux départs croissants des jeunes professionnels pourtant qualifiés et expérimentés.

Les avancées obtenues pour les salariés de la branche sont les suivantes: d’abord, une augmentation de 100 francs par mois de tous les salaires effectifs en plus de la compensation du renchérissement de 0,2% à la fin août; ensuite, à partir du 1er janvier 2021, une hausse des salaires minimums de 25 à 550 francs sera appliquée sur les cinq premières années après l’obtention du CFC. Plus précisément, le salaire minimum d’un installateur-électricien CFC à l’issue de sa formation initiale sera désormais de 5000 francs par mois, et celui d’un télématicien CFC se montera à 5300 francs. Un treizième salaire sera instauré pour tous les apprentis, ainsi qu’une classe de salaire pour la fonction de chef d’équipe. Par ailleurs, l’indemnité pour les repas pris à l’extérieur passera de 12 à 16 francs; et enfin, la durée des congés payés de formation continue passera de 3 à 5 jours. «Cette amélioration est particulièrement importante étant donné les défis liés à la numérisation que rencontre la branche», insiste Unia dans un communiqué de presse.

Rendre la branche attractive

De son côté, la faîtière patronale salue aussi ces mesures et souligne l’importance de ces ajustements salariaux, même s’ils ne sont pas au goût de tous les patrons. «Notre branche a besoin de professionnels qualifiés, selon Pierre Schnegg, vice-président d’EIT.swiss, qui réagit dans un communiqué. Ceux-ci ne peuvent être obtenus et gardés dans le marché qu’en les payant convenablement.»

Les employeurs ont également obtenu d’autres améliorations, notamment à travers l’introduction d’un jour de carence en cas d’absence pour maladie, la simplification du système salarial avec la fixation d’un seul salaire minimum par groupe professionnel et, enfin, la flexibilisation du temps de travail, permettant le report de 120 heures au maximum sur l’année suivante.

Ensemble, les partenaires sociaux se sont engagés à mener une étude de faisabilité sur la retraite anticipée à 62 ans, à l’issue de laquelle des nouvelles négociations seront engagées. Ils souhaitent également renforcer les instruments de contrôle afin de garantir le respect des dispositions et une concurrence durable et loyale.

Il ne reste plus au Conseil fédéral qu’à déclarer cette nouvelle CCT de force obligatoire...