Les mêmes règles pour tous!

Une motion impulsée par Unia a été déposée pour exiger de l’Etat genevois qu’il fasse respecter les mécanismes salariaux dans les EMS

A Genève, les Etablissements médico-sociaux (EMS) sont censés être soumis aux mécanismes salariaux de l’Etat, qui prévoient des modalités précises pour fixer le salaire à l’engagement, soit un nombre d’annuités en fonction de l’expérience professionnelle acquise antérieurement. Or, il s’avère, selon Unia, que certaines directions ne respectent pas ces règles et procèdent selon leur bon vouloir. Ainsi, une même personne aura un salaire différent selon qu’elle est embauchée par un EMS ou par les Hôpitaux universitaires de Genève. Une injustice vivement dénoncée par le syndicat, à l’origine d’une motion déposée par le socialiste Christian Dandrès au Grand Conseil à la mi-octobre demandant à l’Etat d’intervenir afin de faire cesser cette inégalité de traitement.

Dans un communiqué de presse, Unia prend les cas concrets de Madame Z., qui après avoir travaillé 17 ans au service d’une entreprise privée pour le compte de laquelle elle effectuait le nettoyage d’un EMS, est finalement embauchée par l’EMS en question mais qui ne lui reconnaît que 11 annuités. Madame D. de son côté, lingère en classe 4, annuité 5 dans un EMS de la place, est réengagée dans un autre EMS genevois quelques mois plus tard... en classe 4, annuité 4! «A croire que son expérience aurait diminué avec le temps?» s’interroge Unia.

Les EMS, une exception?

Interrogée à plusieurs reprises par les syndicats sur cette appréciation au cas par cas de la prise en compte de l’expérience utile au poste, la faîtière patronale (la Fegems) estime de son côté «que ces règles ne revêtent pas de caractère impératif dans le cas des EMS», rapporte Unia. Faux, répond ce dernier, qui prie le Conseil d’Etat d’intervenir afin que les EMS respectent les lois auxquelles ils sont soumis en échange d’un important subventionnement public. «Nous avons interpellé les députés pour les alerter sur cette situation problématique, conclut le communiqué. Nous leur demandons de soutenir cette motion et restons à leur disposition.»

Une majorité a voté pour la traiter en urgence, rapporte Giulia Willig, mais les députés ont ensuite décidé de la renvoyer en commission. Le long chemin parlementaire va maintenant suivre son cours…