Non à une libéralisation à haut risque de l’électricité

Ligne à haute tension.
© Sylviane Herranz

L’Union syndicale suisse s’était déjà battue avec succès en 2002 contre la volonté de privatiser le marché de l’électricité.

L’Union syndicale suisse dit son opposition à la volonté du Conseil fédéral d’ouvrir complètement le marché

Le 27 septembre, à la veille de la manifestation gigantesque pour le climat à Berne, le Conseil fédéral réaffirmait «son souhait d’ouvrir complètement le marché de l’électricité». Une ouverture nécessaire à la conclusion de l’accord sur l’électricité négocié depuis des années avec l’Union européenne, projet pour l’instant bloqué dans l’attente d’une résolution du dossier sur l’accord institutionnel.

L’Union syndicale suisse (USS), qui s’était battue avec succès en 2002 déjà contre la volonté de privatiser le marché de l’électricité, critique, dans un communiqué, «une libéralisation à haut risque». La faîtière estime que la proposition du Conseil fédéral «ne nous rapproche pas d’un centimètre de la transition énergétique et met en danger la sécurité d’approvisionnement». L’USS se demande aussi si, avec son annonce, le gouvernement ne tente pas «d’envoyer un signal à la Commission européenne».

La faîtière des syndicats rejette l’ouverture complète du marché de l’électricité. Cette dernière est un bien indispensable à la population et à l’économie, explique-t-elle, un bien devant être disponible en tout temps. «Il faut donc une coopération extrêmement fiable dans la branche et on doit pouvoir planifier à long terme la demande et l’offre, mais certainement pas faire de l’expérimentation sur les marchés!» s’emporte l’USS, tout en soulignant que la Suisse dispose actuellement d’un approvisionnement très stable et de prix modérés. De l’ordre de 21 centimes le kilowattheure en moyenne, un tarif moindre que celui des pays voisins ayant complètement libéralisé leur marché. Par ailleurs, la libéralisation obligerait les ménages à se fournir «parmi 600 gestionnaires de réseaux de distribution et autres prestataires», d’où une hausse immanquable des coûts, car les fournisseurs devront dépenser «des sommes énormes en marketing et en administration».

Et l’USS de conclure: «La priorité aujourd’hui doit aller à la transition rapide vers une production d’électricité de sources renouvelables. Tout particulièrement en Suisse, que la topographie rend très vulnérable aux effets du réchauffement climatique. Des communautés d’énergie sont déjà possibles aujourd’hui. La structure actuelle du marché suisse de l’électricité a plus que fait ses preuves en termes de résistance aux crises. Il n’y a aucune raison de mettre cela en jeu!»