«Nous sommes fiers de travailler chez Unia!»

Dans la grande salle d’Unia à Lausanne, Ouiam s’est transformée avec aisance en journaliste, face à Adna et Nicolas, heureux de partager avec elle leur regard sur leur apprentissage.
© Neil Labrador

Dans la grande salle d’Unia à Lausanne, Ouiam s’est transformée avec aisance en journaliste, face à Adna et Nicolas, heureux de partager avec elle leur regard sur leur apprentissage.

A l’occasion de la Journée oser tous les métiers, Ouiam, bientôt 11 ans, a interviewé deux apprentis de la région Vaud du syndicat. Découverte

Une fois par année est organisée dans toute la Suisse une journée incitant les écoliers à découvrir un métier, si possible du genre opposé, afin de déconstruire les clichés touchant certaines professions. Cette journée est nommée différemment selon les cantons. A Genève, Fribourg ou Neuchâtel, c’est «Futur en tous genres». Dans le canton de Vaud ou celui du Jura, c’est la JOM, la «Journée oser tous les métiers». Ouiam, écolière de 7P à Yverdon-les-Bains, n’a pas souhaité passer cette journée dans un métier strictement masculin, comme l’avait suggéré sa maîtresse. Et elle assume, la tête haute, elle qui voit son avenir professionnel comme professeur de mathématiques à l’Université! C’est à la découverte du métier de journaliste qu’elle a choisi de consacrer sa première journée JOM. Et c’est avec une aisance déconcertante que, du haut de ses presque 11 ans, elle s’est glissée dans l’habit d’intervieweuse et de rédactrice à L’Evénement syndical jeudi dernier. Au programme: interview des deux apprentis de 3e année d’Unia Vaud, Adna, 19 ans, et Nicolas, 20 ans. Préparation des questions, entretien, écriture. Une immersion immédiate dans le métier, réalisée avec brio!

Adna et Nicolas sont tous deux apprentis chez Unia à Lausanne. Adna a effectué ses deux premières années à la section de Vevey et travaille aujourd’hui pour la région Vaud. Nicolas est arrivé directement en 2e année, à la section de Lausanne. Lui aussi effectue sa dernière année à la région. Ils font partie des sept apprentis employés de commerce actuellement chez Unia Vaud, dont cinq dans les secrétariats et deux à la caisse de chômage. Ils témoignent de l’engagement d’Unia pour la formation des jeunes. Le syndicat, qui occupe plus d’un millier d’employés en Suisse, compte au total 36 apprentis cette année.

Place à la jeunesse!

 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier?

Adna: J’ai choisi ce métier car il est varié et on peut toucher à tout, même si, au départ, je voulais plutôt travailler dans les soins.

Nicolas: J’ai fait plusieurs stages pendant l’école et cela m’a beaucoup plu. Toute ma famille travaille comme employés de commerce. Avec ce métier, on touche un peu à tout, c’est varié. J’aime le contact avec les clients, écrire des lettres et téléphoner.

Pourquoi vouliez-vous travailler au syndicat?

N.: C’est important pour moi de pouvoir aider les salariés. J’ai connu beaucoup de personnes ayant eu des soucis avec leur employeur, c’est pour cela que je suis content de travailler ici. En plus, il y a une ambiance sympa.

A.: J’ai fait beaucoup de postulations pour trouver un apprentissage. J’ai préféré Unia, car l’ambiance dans les petites entreprises n’était pas agréable. Alors qu’ici, c’est très différent, c’est une grande société, avec beaucoup d’espace et beaucoup d’avantages: un bon salaire, plus élevé qu’ailleurs, de grandes vacances de sept semaines, alors que mes amies apprenties n’en ont que cinq ou six, et une très bonne formation.

N.: Nous avons par exemple un après-midi chaque semaine pour étudier nos cours, cela est rare dans les autres entreprises. Il y a aussi un bon suivi des apprentis chez Unia.

Pour vous, c’est quoi le syndicat?

A. et N.: C’est une organisation qui lutte pour les conditions de travail des employés, qui soutient beaucoup de causes essentielles, comme cette année: le climat, la grève des femmes, etc.

Est-ce que vos amis s’étonnent que vous travailliez pour Unia?

A. et N.: Non! Et nous sommes fiers de travailler au syndicat!

Qu’est-que qui vous plaît le plus dans ce métier?

A.: J’aime beaucoup les manifestations, pendant mes deux premières années à Vevey, je suis par exemple souvent allée devant Nestlé pour protester avec mes collègues et des travailleurs venus d’autres pays. Il y a toujours une bonne ambiance et tout le monde est solidaire, c’est intéressant et beau à voir. Et au bureau, j’aime beaucoup le contact avec les membres.

N.: Lorsque je travaillais pour la section de Lausanne, en 2e année, j’aimais aussi beaucoup le contact avec les syndiqués et répondre à la permanence. Maintenant, je suis à la comptabilité de la région. Malheureusement, je n’ai plus de contact avec les membres, mais le travail avec les chiffres, qui demande plus de concentration, me plaît aussi beaucoup.

Quels sont les inconvénients de ce travail?

A.: Lorsque j’étais à Vevey, il y avait des membres assez spéciaux, qui nous agressaient au téléphone. Cela crée des situations embarrassantes. Nous, nous sommes là pour les aider, et eux nous menacent…

N.: En effet, certains membres ayant des problèmes s’en prennent aux personnes de l’administration. Ce n’est pas toujours plaisant à entendre, surtout qu’on n’y est pour rien.

Quel était votre rêve quand vous étiez enfants?

A.: Mon rêve était de devenir policière (rire) ou infirmière.

N.: Moi, je voulais être footballeur professionnel.

Pourquoi avez-vous changé d’avis?

A.: Pour le métier d’infirmière, je ne pouvais pas commencer tout de suite à cause de mon âge, et aussi, il ne faut pas avoir peur du sang et des choses comme ça… Avec le CFC d’employée de commerce, je pourrai entrer dans une école d’infirmières. Ce CFC ouvre aussi beaucoup d’autres «portes» qui n’ont rien à voir avec le travail de bureau.

N.: J’ai changé d’avis parce qu’il faut avoir un certain niveau pour être footballeur professionnel, cela demande beaucoup de travail et j’ai réalisé que ce serait compliqué.

Quels sont vos objectifs pour obtenir votre certificat?

A. et N.: Nous cherchons à faire des bonnes notes pour nos travaux en entreprise et à l’école.

Après votre apprentissage, quels sont vos projets?

N.: J’aimerais partir une année en Angleterre, pour apprendre l’anglais, puis travailler dans une entreprise où je pourrais utiliser les langues. Cela me sera utile, car je rêve d’être journaliste sportif.

A.: J’ai aussi l’idée de partir à l’étranger pour apprendre une langue, mais j’hésite… Si Unia accepte de m’engager, je resterai ici, en sachant que c’est difficile pour une ancienne apprentie d’être reconnue comme une employée à part entière. J’irai peut-être aussi dans une autre entreprise où ce cap est plus facile à passer. Pour l’instant, je vais rester dans ce métier, mais il est possible que la vie en décide autrement…

Propos recueillis par Ouiam