Solidarité avec les grévistes français

manifestation devant la gare banderole solidarité avec les grévistes en France
© Neil Labrador

Les militants et syndicalistes réunis devant la gare à Lausanne ont exprimé leur solidarité et leurs espoirs face au rapprochement des luttes actuelles en France, des mobilisations porteuses de changement social.

Le 19 avril, un rassemblement unitaire de soutien aux mouvements sociaux en France a réuni syndicats, partis et associations devant la gare de Lausanne

«Celui qui lutte peut perdre, mais celui qui ne lutte pas a déjà perdu. Solidarité avec les grévistes. Votre lutte est la nôtre», pouvait-on lire sur l’une des banderoles tenues par des militants lors d’un rassemblement de soutien aux cheminots, aux étudiants et aux zadistes français de Notre-Dame-des-Landes sur la place de la gare de Lausanne jeudi 19 avril. Cette action, en solidarité avec les mouvements sociaux contre les politiques d’austérité et la répression du gouvernement d’Emmanuel Macron, a réuni les syndicats Unia Vaud, SSP Vaud, le SEV, ainsi que les associations Attac Suisse, le collectif Unil-Etudier et Lutter, le Groupe regards critiques, les jeunes POP Vaud, la jeunesse socialiste vaudoise, le POP et gauche en mouvement, Solidarités Vaud et Décroissance-Alternatives.

Un Mai 2018?

Alain Krivine, membre de la direction du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en France – présent à Lausanne pour donner des conférences sur Mai 68 –, a souligné le succès des grèves des cheminots. «En ce moment, ils sont plus de 15000 à manifester à Paris, et des dizaines de milliers partout en France. Et la police intervient à coup de grenades lacrymogènes et de matraques! Mais nous sommes peut-être à la veille d’un nouveau Mai 68, qui je l’espère n’aura pas ses défauts. La radicalité des cheminots sert d’exemple, malgré la division syndicale ou politique. Notre mot d’ordre: une grève générale illimitée pour faire reculer Macron, voire le virer.»

Entre autres intervenants, Jean-Claude Cochard, président de l’Union syndicale vaudoise, ancien cheminot, a rappelé qu’en Suisse aussi, les cheminots étaient sous pression. «Le plan d’austérité est aussi brutal que celui que l’on veut imposer en France. Et les négociations pour le renouvellement de la CCT des CFF est dans une impasse aujourd’hui. Exigeons une répartition équitable de la richesse produite par notre travail!»

Des actes concrets

Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia Vaud, a souligné l’importance des actes concrets de solidarité et de la convergence des luttes en donnant pour exemple celle «des camarades de EDF qui soutiennent les vendeuses de Carrefour en coupant l’électricité dans les magasins».

Démantèlement du code du travail, baisse des aides au logement, diminution des impôts sur la fortune, attaque contre les conditions de travail des cheminots, envoi de CRS dans les universités, évacuation violente des zadistes à Notre-Dame-des-Landes, autant d’attaques néolibérales mentionnées par Mélinda Tschanz, militante de Solidarités et d’Attac. «Mais les mouvements sociaux nous montrent que résister est possible», a-t-elle souligné. «Les salariés de Carrefour, des hôpitaux, des EMS, des crèches, de la poste, de l’audiovisuel et du rail luttent. Les étudiants se battent contre une université élitiste. Les zadistes, eux, ont gagné contre le projet d’aéroport, mais sont évacués alors que certains y vivent depuis 10 ans… Leur existence même dérange, car ils proposent de nouvelles manières de vivre ensemble et l’espoir qu’un autre monde est possible. La convergence des luttes est possible. Faisons de 2018 un nouveau Mai 68!»