Tous cobayes?

Acouphènes, pertes d’attention, céphalées, vertiges, inflammations des yeux, dépression, tension nerveuse, fatigue chronique, maladies infectieuses, troubles du sommeil, infertilité… Autant de maux qui pourraient être liés aux ondes électromagnétiques des téléphones portables, du wifi, des micro-ondes et autres nouvelles technologies. Au point que l’Organisation mondiale de la santé avait classé les radiofréquences comme «cancérigènes possibles» en 2011 déjà. Huit ans plus tard, malgré les risques supposés et le flou persistant sur la relation de cause à effet du téléphone portable sur les tumeurs cancérigènes et autres maladies, la 5G (5e génération du réseau sans fil) augure des temps encore plus difficiles pour les personnes électro-sensibles. Et nous tous assurément, même si les symptômes sont peut-être moins flagrants.

En vertu du principe de précaution, une demande de moratoire avait pourtant été signée déjà en 2017 par 170 scientifiques issus de 37 pays, qui stipulaient preuves à l’appui que «le déploiement de la 5G revient à mener des expériences sur les êtres humains et l’environnement, ce qui est considéré comme un crime en vertu du droit international». La Fédération des médecins suisses s’oppose également à l’augmentation de la puissance des antennes relais. Au Conseil des Etats, l’assouplissement des valeurs limites n’a heureusement pas été approuvé. Mais à une seule voix. Reste que ces valeurs – même plus strictes que dans l’Union européenne – poussent déjà bon nombre de personnes à se réfugier dans les rares zones blanches qui subsistent encore en Suisse… mais jusqu’à quand?

Pourquoi cette fuite en avant technologique et ultralibérale? Pour que tout aille encore plus vite (de l’ordre de quelques millisecondes!), pour connecter des objets dits «intelligents», des voitures autonomes, des drones, des robots, des frigos qui font la liste des courses… La 5G pourrait faire son entrée en Suisse, mondialement en tête, d’ici à la fin de l’année. Les enchères pour l’attribution des fréquences se sont terminées en février, avant même que le Conseil fédéral n’ait rendu son rapport attendu à la mi-2019 sur les risques et les outils nécessaires à l’instauration de ce réseau. Swisscom, Salt et Sunrise débourseront respectivement quelque 196 millions, 95 millions et 90 millions pour leur licence. Ce à quoi s’ajoute le coût des infrastructures. Swisscom prévoit ainsi d’investir 2,3 milliards de francs en vertu «de la compétitivité de la place économique suisse», s’applaudit son directeur général. Ce qui n’est pas comptabilisé: l’impact sur la santé des utilisateurs; sur les travailleurs, dans les pays du Sud, qui extraient les métaux rares essentiels aux objets interconnectés; et sur l’environnement et notamment la biodiversité.

Une pétition a été lancée en Suisse: change.org/p/pétition-contre-la-5g-et-ses-dangers-suisse-petizione-contro-i-pericoli-dei-5g-svizzera

Un Appel international a déjà récolté plus de 53000 signatures dans 168 pays pour stopper la 5G: 5gspaceappeal.org

Plus d’informations sur: parler-partout.ch