Unia appelle les communes à sauver le service public des taxis

Soutenus par Unia, les chauffeurs de taxi de la région lausannoise ont manifesté à plusieurs reprises pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail
© Thierry Porchet / Archives

Soutenus par Unia, les chauffeurs de taxi de la région lausannoise ont manifesté à plusieurs reprises pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail (rassemblement en mai dernier, place de la Riponne).

Face aux dysfonctionnements du service intercommunal des taxis et à l’offensive d’Uber, Unia Vaud demande aux communes d’agir

Ces derniers mois, les conducteurs de taxi de la région lausannoise ont su se faire entendre dans la rue. Après deux manifestations à Lausanne pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail, Unia Vaud, mandaté par une centaine de chauffeurs, a pu s’entretenir avec le conseiller municipal Pierre-Antoine Hildbrand, président du comité de direction du Service intercommunal des taxis (Sit). Des négociations, aujourd’hui au point mort, mais qui ont permis de faire la lumière sur plusieurs dysfonctionnements du Sit, notamment «son incapacité à faire respecter son propre règlement», comme l’indique Unia dans un communiqué. Entre autres problèmes, le syndicat relève une absence de stratégie de contrôles, alors qu’en 2017, 363 chauffeurs d’Uber ont été dénoncés pour violation du règlement. Unia note également un manque de transparence et l’absence d’évaluation du dispositif. 

Concurrence déloyale

Depuis fin 2017, le comité du Sit accorde un carnet de conducteur provisoire aux chauffeurs Uber sans examen. «Cette dispense leur permet d’exercer sans garantie de qualité et sans contrôle de connaissances (réglementation en vigueur, langue, repères géographiques)», dénonce Unia. Un recours contre ces carnets de conducteur, avec effet suspensif, a d’ailleurs été déposé par les chauffeurs de Taxi Services et de Taxiphone. 

Parallèlement, ce printemps, le comité du Sit a reconnu Uber comme centrale d’appel, alors que, «contrairement aux exigences, ses tarifs fluctuent en fonction du nombre d’utilisateurs». Autant de points qui font dire au syndicat que le Sit, présidé par Pierre-Antoine Hildbrand, ne fait pas respecter son propre règlement. Et pourtant, à peine les négociations ouvertes sur le renforcement des contrôles et sur la formation minimale nécessaires pour tous les chauffeurs, «le comité de direction a remis en cause tout accord possible sur ce second point, indique Unia. Il s’est ensuite employé à reporter les négociations aujourd’hui en panne, malgré l’urgence.»

Depuis l’arrivée d’Uber il y a trois ans, on assiste donc à une concurrence déloyale qui se fait de surcroît au détriment des assurances sociales. Résultat, «le volume d’activité des taxis officiels avec usage accru du domaine public a été réduit de moitié», relève le syndicat. Une situation qui met en danger les prestations de service public des taxis, notamment auprès des personnes à mobilité réduite que ce soient des personnes âgées ou des élèves en situation de handicap. Pour dénoncer cette situation, Unia a ainsi écrit aux syndics des douze communes représentées au sein du Sit pour leur demander d’agir. 

Uber, un employeur

Face aux méthodes illégales d’Uber, qui se retrouve partout en Suisse et ailleurs, une nouvelle expertise juridique, mandatée par Unia, conclut que ses chauffeurs ne peuvent être considérés comme indépendants. L’étude réaffirme, à l’instar des conclusions de la Suva, aujourd’hui attaquées par Uber en justice, que les chauffeurs ne supportant pas les risques d’entreprise, ni l’organisation du travail, sont dans un rapport employé-employeur avec la multinationale. Ce qui signifie que celle-ci devrait déclarer ses chauffeurs aux assurances sociales (AVS, AI, AC) et s’acquitter de ses cotisations patronales.