Unia appelle à une sortie de crise solidaire

Pour le comité central d’Unia, réuni la semaine dernière, la protection de la santé et la sécurité économique vont de pair. Il propose une série de mesures pour faire face à la situation

Unia demande, une fois de plus, une réponse solidaire à la crise sociale et sanitaire. «Les politiques et les autorités doivent maintenant agir fermement et prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour enrayer la pandémie. Ils doivent aussi veiller à ce que ce ne soit pas les salariés et les plus faibles qui paient la facture de la crise, mais ceux qui profitent de la situation grâce à la hausse de leurs bénéfices et des cours des actions», écrit le comité central dans son communiqué du 9 décembre. Celui-ci développe une série de revendications rappelant que la protection de la santé et la sécurité économique vont de pair. «Si on n’arrive pas à contenir la pandémie, les coûts seront encore plus élevés. C’est donc une aberration de penser qu’il faut choisir entre l’économie et la santé, souligne Serge Gnos, responsable communication et campagnes à Unia. Aux places de travail, la santé doit être protégée à tout prix. Et l’Etat doit proposer des aides économiques, car la Suisse en a les moyens.»

Le comité central du syndicat indique: «Les associations patronales rejettent les programmes de soutien de l’Etat pour des raisons purement idéologiques. Les autorités cantonales planifient des programmes d’économies et le ministre UDC des Finances sème la panique à cause des dettes. Tout cela ne sert que les intérêts d’une petite minorité de riches et de superriches.»

Des aides nécessaires

Unia s’insurge aussi contre les 6000 décès dus au coronavirus en Suisse dans la quasi-indifférence politique; des restrictions toujours plus sévères concernant les réunions privées, alors que les remontées mécaniques fonctionnent et que les magasins élargissent leurs horaires pour les ventes de l’Avent; de l’obligation de travailler pour le personnel soignant même si leur test Covid est positif; du manque de personnel des inspections du travail chargées de contrôler les concepts de protection sur les lieux de travail; ou encore du chômage partiel qui ne garantit pas le minimum vital. Sur ce dernier point, et encore une fois, le syndicat demande une indemnisation à 100% des salaires inférieurs à 5000 francs net. Il réclame un fonds de secours national coronavirus doté de ressources suffisantes pour tous ceux qui n’ont pas droit au chômage partiel; une prime pour le personnel particulièrement exposé, notamment dans les secteurs des soins, de la vente et de la logistique; davantage de contrôles des mesures de protection sur les lieux de travail; des investissements dans le système de santé, la formation et la reconversion éco-sociale, afin de soutenir efficacement la conjoncture; des réductions de loyer et d’autres mesures de soutien pour les secteurs particulièrement touchés, comme la restauration, le tourisme et la culture. Enfin, le comité central se positionne contre les ventes spécifiques durant la période de Noël qui contribuent à propager la pandémie. Il demande, en revanche, une indemnisation complète pour les salariés, les indépendants et les entreprises concernées par les mesures. Et de conclure: «La résistance aux mesures efficaces contre la pandémie, exercée par quelques représentants de l’économie et des politiciens bourgeois, nous a rapprochés d'un nouveau lockdown. De nombreuses entreprises en souffrent aujourd’hui. Les autorités doivent enfin adopter une vision à long terme et abandonner la logique du profit à court terme.»