Unia aux côtés des travailleurs de Bulgari

La décision du groupe Bulgari de délocaliser le département logistique de Neuchâtel à Dublin menace une quarantaine de postes. Procédure de consultation ouverte

Début février, le groupe Bulgari, spécialisé entre autres dans l’horlogerie et la joaillerie, a annoncé sa décision de délocaliser son département logistique de Neuchâtel à Dublin en Irlande d’ici à la fin de l’année. Conséquence: une quarantaine de postes pourrait passer à la trappe. Dans ce contexte, une procédure de consultation a démarré lundi dernier. Elle durera jusqu’au 11 mars. Unia intervient dans ce dossier après que Bulgari Global Operations SA, antenne de Bulgari responsable du site en question, a signé en janvier la Convention collective de travail de l’industrie horlogère et microtechnique dont Unia est partie prenante. Avec l’idée, précise Derya Dursun, secrétaire syndicale, de faciliter le processus de partenariat social et de relocalisation éventuelle. La société a en effet proposé aux collaborateurs concernés de déménager en Irlande où une cinquantaine de postes seront crées. «Proposition irréaliste», estime toutefois la syndicaliste, précisant que le personnel réunit une majorité de collaborateurs âgés de 40 à 50 ans. Bulgari s’est aussi engagé à essayer de replacer les travailleurs concernés au sein des marques du groupe LVMH, son propriétaire. «Ce sera vraisemblablement possible pour une dizaine d’entre eux. Pour les autres, qui ont souvent fait toute leur carrière dans cette entreprise, le reclassement s’annonce difficile. L’entreprise a promis d’offrir des cours pour augmenter l’employabilité de ces personnes.» Dans tous les cas, Unia s’attellera, en l’absence d’alternatives aux licenciements, à négocier un plan social digne de ce nom. «Le travail accompli doit être reconnu à sa juste valeur et les années d’ancienneté prises en compte», poursuit Derya Dursun, regrettant ce nouveau coup dur pour l’emploi à Neuchâtel. «Les raisons invoquées par Bulgari sont compréhensibles. Le groupe entend rassembler ses stocks dans son site logistique principal de Dublin afin de faciliter leur gestion et d’éviter les variations des cours des devises entre francs suisses et euros. La capitale irlandaise est aussi un pôle fort dans le développement du commerce en ligne. Reste que c’est une mauvaise nouvelle pour le canton de Neuchâtel qui a déjà vu les activités de l’usine Bulgari de La Chaux-de-Fonds, fabriquant des cadrans, rapatriées à Saignelégier, dans le Jura...»