Andreas Rieger passe le cap du comité central
Les militantes et les militants doivent encore se prononcer, le 3 décembre, sur le sort du candidat à la coprésidence

Après le comité directeur, c'est le comité central d'Unia qui a décidé de soumettre, le 3 décembre, la candidature d'Andreas Rieger à la coprésidence du syndicat. S'il est élu, Andreas Rieger succèdera à Vasco Pedrina et il dirigera ainsi, dès le 1er janvier 2007, le plus grand syndicat de Suisse aux côtés de Renzo Ambrosetti.
On se souvient que Vasco Pedrina a annoncé, fin août, son souhait de se consacrer, après 15 ans de présidence, à la formation syndicale au sein d'Unia, ainsi qu'à ses nouvelles fonctions de vice-président de l'IBB, l'Internationale du bois et de la construction.

Un départ SIB, une arrivée SIB
Aux membres du comité central, Vasco Pedrina et Renzo Ambrosetti ont rappelé qu'à l'heure de fusionner, les syndicats qui ont créé Unia avaient prévu une éventuelle démission de l'un des deux coprésidents d'Unia. Ainsi, le contrat de mariage prévoit que le démissionnaire doit être remplacé par un syndicaliste issu du même syndicat que le partant. Une précaution jugée alors nécessaire pour que les différentes cultures qui ont créé Unia aient le temps de trouver une nouvelle synthèse dans le nouveau syndicat. Vasco Pedrina étant issu du SIB, il doit être remplacé par un «ancien» du SIB. «Et ce n'est pas parce que tout se passe bien entre nous que la règle du jeu doit être changée» a martelé Renzo Ambrosetti.

Tertiaire et coprésidence
Comme Andreas Rieger dirige aujourd'hui le secteur tertiaire avec Vasco Pedrina, il était tout désigné pour le remplacer dans cette fonction au comité directeur. Fallait-il, pour autant, tenter le grand saut et se présenter aussi à la coprésidence? Devant le comité central, Andreas Rieger a reconnu avoir bien réfléchi, «tant cette fonction est importante, lourde. Tant les attentes sont grandes parmi nos membres et nos permanents».
Rieger s'est alors posé plusieurs questions: «On dit, parfois, que je suis trop gentil. Or, il ne faut pas confondre la gentillesse, qui peut être un défaut dans une telle fonction, et ma volonté de parvenir à convaincre mon interlocuteur. Comme je pense être tenace et exigeant, je ne cède pas si mes convictions sont en jeu.» Lors des présentations du candidat Rieger, Renzo Ambrosetti et Vasco Pedrina ont mis l'accent sur sa force de travail et sa capacité d'analyse: «Je ne pense pas pour autant n'être qu'un théoricien» argumente l'intéressé: «J'ai été président de section au SSP sans l'aide d'un secrétariat puis, comme les effectifs grimpaient, j'ai pu être engagé à mi-temps. Plus tard, au SIB, j'ai certes été le bras droit de Vasco, mais aussi responsable de plusieurs conventions collectives, je sais donc ce que négocier face au patronat signifie. Enfin, depuis que nous travaillons dans le tertiaire, j'ai appris à connaître des employeurs parmi les plus puissants et parfois les plus durs du pays.»

Un contrepoids à l'injustice
Son CV passé ainsi rapidement en revue, Rieger témoigne ensuite de ses motivations: «J'ai consacré ma vie à combattre l'injustice sociale. Une injustice qui ne cesse pas de croître. Pour mettre fin à ces écarts qui se creusent, à la précarité qui explose, nous avions besoin d'un outil performant. Nous avons réalisé un pas de géant en créant Unia. Il faut maintenant utiliser cet instrument en améliorant encore notre capacité de mobilisation. Je suis motivé pour aider, comme coprésident, à faire d'Unia le mouvement social le plus fort en Suisse. A faire d'Unia le contrepoids le plus efficace contre l'injustice, contre la précarité.»

S'ouvrir sans abandonner
A l'interne, Rieger a aussi des projets: «Nos forces sont importantes, mais il ne faut pas les gaspiller.» D'où l'importance de discuter un peu moins des règlements car ce travail a déjà été fait, et davantage des idées et des priorités syndicales. Et si Unia arrive déjà mieux que prévu à marier les cultures syndicales des anciens appareils FCTA, FTMH et SIB, il devra demain être capable d'intégrer de nouvelles cultures: «Si nous ne devons pas perdre de vue comment pense, réagit, milite un maçon ou une horlogère, nous devrons aussi parvenir, par exemple, à réunir sous le même toit leurs enfants, ceux qui s'appellent eux-mêmes les secondos. A nous aussi d'offrir aux femmes, de plus en plus actives dans le tertiaire, la place qui leur revient.»
L'homme était connu et son discours a été applaudi. Ainsi, à l'unanimité et une abstention, le comité central d'Unia a décidé, comme son comité directeur à l'unanimité, de proposer Andreas Rieger à la coprésidence d'Unia.
Le dernier mot à Renzo Ambrosetti qui pourrait demain être l'alter ego de Rieger: «Pour autant que les délégués nous suivent, je suis convaincu que je m'entendrai avec lui, comme je m'entends aujourd'hui avec Vasco Pedrina.»

SB




 

Edition n° 39 du 27 septembre 2006

 
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