L'espoir d'un progrès social pour les familles
C'est le 26 novembre que le peuple se prononcera sur la loi sur l'harmonisation des allocations familiales

Le montant minimal des allocations familiales sera-t-il enfin identique dans tous les cantons? Voilà la question à laquelle devra répondre prochainement le peuple suisse, suite à l'aboutissement du référendum lancé par les milieux patronaux contre la nouvelle loi sur l'harmonisation des allocations. Adopté en mars 2006 par le Parlement, ce projet entend uniformiser les pratiques et fixe le seuil inférieur des allocations comme suit: 200 francs pour les enfants âgés de moins de 16 ans et 250 francs pour les jeunes en formation jusqu'à 25 ans. En termes financiers, il se traduit par une augmentation de 11 fr. 50 par enfant par rapport à l'allocation moyenne (188 fr. 50). La solution préconisée ne tiendra plus compte ni du lieu de travail des parents ni de leur pourcentage d'activité, comme c'est aujourd'hui généralement le cas. Pas au goût des patrons...

«L'affaire des cantons...»
Au lendemain de l'adoption du projet par les Chambres fédérales, les organisations économiques ont décidé de le combattre par voie de référendum. L'Union suisse des arts et métiers, l'Union patronale suisse, le Centre patronal et la Fédération des entreprises romandes contestent l'intervention fédérale sur ce dossier. «Il convient de rappeler que la politique familiale est l'affaire des cantons en premier chef» ont relevé les différents partenaires dans un communiqué de presse. Les milieux patronaux jugent en outre le coût de cette initiative, qu'ils estiment à 700 millions de francs par an, trop élevé.

Un progrès indéniable
Pour l'Union syndicale suisse (USS), cette position est totalement irrecevable. «S'opposer à ce progrès est d'autant moins compréhensible que la nouvelle statistique de l'aide sociale fait à nouveau apparaître que les enfants constituent le principal risque de pauvreté en Suisse.» Le comité de l'USS s'étonne également que la promesse souvent faite par les patrons de rendre travail et famille compatible ne soit pas suivie d'actes. Quoi qu'il en soit, l'USS s'engage à mener une campagne déterminée en faveur de la loi. Son acceptation permettrait de mettre enfin un terme aux injustices actuelles. Pas trop tôt, le dossier étant en chantier depuis une quinzaine d'années déjà. Et les tergiversations qui l'ont accompagné guère susceptibles de promouvoir une hausse de la natalité dans nos frontières.

SM


Maillard fait fort!

Vendredi 29 septembre, le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard a annoncé des mesures qui favoriseront le pouvoir d'achat des familles vaudoises en 2007. Le socialiste a ainsi décidé, sans attendre la votation fédérale de novembre, d'augmenter les allocations familiales. Par ailleurs, Couchepin ayant enfin reconnu, grâce à Maillard toujours, que les réserves des assureurs étaient trop élevées, les autorités vaudoises sont désormais en mesure d'augmenter les subsides aux primes d'assurance maladie. Ce sont au total quelque 100 millions de francs qui peuvent ainsi aller aux ménages vaudois.
Pour autant que les partis bourgeois ne s'opposent pas, par voie de référendum, à l'augmentation des allocations familiales, celles-ci passeront de 160 francs à 180 francs pour les enfants âgés de moins de 16 ans et de 205 à 250 francs pour les jeunes en formation.

Unia saisit la balle au bond!
Sitôt annoncée, la hausse des allocations familiales a été saluée par Unia Vaud. Le syndicat est allé plus loin en indiquant qu'il était favorable à un prélèvement sur l'ensemble des salaires (0,1%) afin que les allocations pour enfants de moins de 16 ans soient portées à 200 francs. Une somme qui correspond au minimum prévu dans la loi fédérale soumise en votation le 26 novembre. Ce prélèvement n'aura ainsi plus lieu d'être lorsque cette loi entrera en vigueur en 2009, sans doute. Selon Unia, sa proposition favorise les familles les plus modestes et ne coûterait que 5 francs en moyenne aux salariés.
Dans son communiqué, le syndicat rappelle encore que les associations patronales s'opposent à la loi sur l'harmonisation des allocations familiales au prétexte que ce domaine doit rester en mains cantonales. Ainsi la population vaudoise ne comprendrait pas, souligne le syndicat, que les employeurs vaudois s'opposent à une solution vaudoise...

SB



 

Edition n° 40 du 4 octobre 2006

 
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