De quoi s'arracher les cheveux...
Comme les employeurs refusent tout, Unia refuse de prolonger la CCT

«C'est une véritable gifle!» Secrétaire syndicale d'Unia, Marie-France Perroud ne cache pas son indignation face à l'attitude des maîtres coiffeurs. Et pour cause: contrairement aux engagements pris, ces derniers ont, le 11 octobre dernier, refusé toute amélioration de la Convention collective de travail (CCT). Le patronat a d'abord dit non à l'augmentation des salaires. Actuellement, le revenu minimum s'élève, au terme de l'apprentissage, à quelque 3200 francs. Réclamant une prolongation de la CCT, les employeurs avaient pourtant laissé miroiter une majoration de 200 francs sans jamais toutefois passer à l'acte. «Par ailleurs, ils refusent toujours de verser un 13e salaire à l'ensemble de leurs collaborateurs.»
Autre pierre d'achoppement, et de taille: le congé maternité, dans une profession largement féminisée avec 95% de jeunes employées! Avant que n'entrent en vigueur les nouvelles dispositions fédérales, les coiffeuses bénéficiaient d'une assurance maternité de 16 semaines payées à 80% de leur revenu contre les 14 semaines actuelles. «La branche économise ainsi 1,7 million de francs.» Les syndicats ont dès lors demandé que la CCT continue à offrir un congé de 16 semaines à 80% du salaire ou 14 semaines à 90% du salaire. Coût de l'opération pour le secteur: 200000 francs. Une revendication modeste que les employeurs ont balayé faisant ainsi des économies substantielles au détriment des coiffeuses. «Rien n'a changé. Nous nous heurtons à un mur», relève Marie-France Perroud précisant que, dans ce contexte, Unia ne pouvait reconduire une nouvelle fois la CCT. «Nous attendons que les maîtres coiffeurs reviennent rapidement à la table des négociations et renoncent à toute dégradation sur le dos de leurs employés.»

SM

 

Edition n° 43 du 25 octobre 2006

 
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