Les cheminots et les postiers sont invités à unir leurs forces
Le Syndicat SEV et le Syndicat de la communication doivent décider s'ils veulent avancer ensemble sur le chemin de la fusion

Le projet de fusion entre le SEV et le Syndicat de la communication (Syndicom) a été lancé ce printemps par les directions des deux syndicats. Durant les mois d'été et d'automne, la procédure de consultation a été intense au sein des sections. Mardi 21 novembre, les délégués du congrès Syndicom et les délégués du comité fédératif SEV rendront leur verdict. Ils devront répondre à la question s'ils veulent oui ou non que les directions des deux syndicats poursuivent les travaux préparatoires en vue d'une fusion. Si oui, les congrès SEV et Syndicom décideront de fusionner ou pas le printemps prochain.

Un grand syndicat suisse du personnel du service public c'est peut-être pour bientôt. Christian Levrat, président de Syndicom, et Pierre-Alain Gentil, président du SEV, ont ouvert ce vaste chantier qui consiste à mettre en commun les structures des syndicats des cheminots et des postiers. «A l'occasion de mon élection à la présidence du SEV, j'avais pris l'engagement de lancer un débat sur l'avenir de notre syndicat» a écrit à ses membres Pierre-Alain Gentil. «Si ensemble nous dégageons un certain nombre de synergies, cela devrait profiter en tout premier lieu à nos membres» déclarait en début d'année Christian Levrat à L'Evénement syndical.

Pourquoi une fusion?
Durant l'été, tous les membres des deux syndicats ont reçu une brochure qui donne les raisons qui ont poussé leur direction à élaborer un projet de fusion. Cela peut se résumer en sept points:
· Création d'un syndicat de branche interprofessionnel recouvrant tant le secteur public que le secteur privé.

· Mise en place d'une organisation capable de s'imposer dans les domaines des transports, de la logistique, des télécommunications et des prestations de services.

· Renforcement de l'impact politico-économique.

· Développement de la présence syndicale à proximité des membres.

· Renforcement de la capacité de mobilisation.

· Association des compétences, des expériences et de la représentativité.

· Engagement en faveur du service public, préparation à la libéralisation et à l'ouverture du marché pour éviter le démantèlement.

Pour atteindre ces buts, les directions des deux syndicats proposent une organisation en 8 branches professionnelles: rail, route, tourisme, trafic aérien, poste, transports et logistique, prestations de services et télécommunications. Les quelque 80 000 membres du nouveau syndicat seraient répartis dans vingt sections régionales desservies par douze secrétariats régionaux.

Postiers prêts
Durant la procédure de consultation, les avis enregistrés auprès des membres des syndicats étaient sensiblement différents. L'on peut résumer la situation ainsi: chez Syndicom la fusion semble bien perçue, au SEV il y a des réserves. Dans les grandes lignes, les structures proposées pour le nouveau syndicat sont un copier-coller des structures Syndicom. Pour Elisabeth Di Blasi-Coucet, présidente de la section Valais romand Poste «la mise en route du nouveau syndicat sera difficile pour certains, mais la fusion de nos syndicats est jouable». Le Neuchâtelois Pierre-Alain Borel, employé Swisscom, est carrément enchanté d'imaginer le SEV et Syndicom unis. «Ce projet de fusion m'emballe! Je pars du principe que tous les salariés font partie du même monde ouvrier, et que c'est indispensable qu'entre nous il y ait de la solidarité.» Oscar Flückiger, employé postal à Bienne, est également un chaud partisan de la fusion avec le SEV. «Parce que nos syndicats ont affaire avec des partenaires sociaux qui ont beaucoup de similitudes. Pour être efficace, il faut un instrument syndical qui défende tous les travailleurs de la même branche, comme par exemple les conducteurs de CarPostal qui sont chez Syndicom et les conducteurs des bus régionaux et urbains qui sont au SEV.»

Cheminots réservés
Au SEV, les avis sont plus nuancés. Dans une lettre ouverte, Gilbert D'Alessandro, président de la section des conducteurs de bus de la ville de Fribourg, estime que «la perte de l'autonomie financière des sections actuelles n'est pas acceptable». La sous-fédération du personnel des ateliers CFF a déclaré «qu'une fusion n'est pas d'actualité». Les diverses sections des retraités SEV sont montées aux barricades pour demander que le projet de fusion tienne mieux compte des pensionnés. Le comité central de la sous-fédération des retraités cheminots a posé sept conditions pour dire oui au projet de fusion. Parmi ces conditions, il y a la demande «du maintien de l'autonomie juridique des organes préexistants». En d'autres termes, les sections devraient pouvoir garder une certaine indépendance. Une demande maintes fois entendue également dans les assemblées de sections des membres actifs. A l'opposé, la commission de jeunesse du SEV est toute prête à fusionner. Ses responsables voient «dans la fusion avec le Syndicat de la communication une chance d'augmenter le nombre d'adhérents».

Petits pas
Mardi 21 novembre, les délégués du congrès Syndicom et les délégués du comité fédératif SEV n'auront pas à décider s'ils veulent fusionner ou pas, mais s'ils veulent que les instances dirigeantes de leur syndicat puissent approfondir le projet de fusion. La décision sera prise à la mi-mai, lors des congrès des deux syndicats. La fusion pourrait alors devenir effective au plus tôt le 1er janvier 2009.

AC

 

Edition n° 46/47 du 15 novembre 2006

 
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