Un syndicat ne peut pas s'occuper de tout !

Retour sur une interview d'Andreas Rieger, parue dans L'Evénement syndical n° 39 du 27 septembre

Les discussions au comité central ont montré que la coprésidence avait des supporters, notamment les femmes qui espèrent ainsi placer plus facilement l'une des leurs, la prochaine fois peut-être. Ce système est-il transitoire? Quand aura lieu la prochaine élection du comité directeur in corpore?
La coprésidence n'est pas un mal nécessaire. C'est une manière efficace de diriger en intégrant des sensibilités différentes. Christiane Brunner et Vasco Pedrina l'ont démontré à la tête de l'USS. Vasco Pedrina et Renzo Ambrosetti le prouvent aussi à la direction de Unia. Le congrès d'Unia, en automne 2008, dira s'il entend poursuivre dans cette voie. Ce congrès devra élire la présidence et le comité directeur de notre syndicat, sans conditions formelles héritées de la fusion.

Vous avez dit qu'Unia doit davantage devenir un mouvement social. Pouvez-vous donner la définition d'un mouvement social? Peut-on concilier le travail syndical et l'animation d'un tel mouvement sans risquer le gaspillage des forces que vous souhaitez éviter?
Un syndicat, comme mouvement social, ne se contente pas de s'activer dans l'entreprise ou la branche dans le but d'améliorer les conditions de travail des salariés. Il lutte aussi sur des questions sociales plus larges comme la pauvreté, les droits démocratiques, l'égalité, les assurances sociales. Car, à quoi bon augmenter les salaires si les primes d'assurance prennent l'ascenseur? Cela dit, un syndicat ne peut pas s'occuper de tout. Il doit pouvoir compter et s'allier avec d'autres mouvements sociaux et des partis politiques.

Si vous deviez écrire le discours qui entérinera le départ de Vasco Pedrina de la coprésidence d'Unia, qu'elles seraient les trois dernières phrases de ce texte?
Je dirais que Vasco est toujours resté fidèle à ses convictions, comme aux exigences des membres. Que nous lui devons d'avoir remué le mouvement syndical suisse pour le rendre plus combatif, plus efficace. Je dirais aussi, que dans ses nouvelles fonctions, il poursuit sa lutte.

Propos recueillis pas SB


 

Edition n° 49 du 6 décembre 2006

 
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