Les cheminots ont dit oui à la nouvelle CCT
La nouvelle convention collective de travail des CFF aura une durée de validité de 4 ans

Le mercredi 20 décembre à Berne, la Conférence CCT CFF du SEV a avalisé le résultat des négociations pour le renouvellement de la convention collective de travail. Les cheminots ont réussi à sauver la protection contre les licenciements. La durée hebdomadaire du travail passe de 40 à 41 heures. Cette augmentation du temps de travail sera compensée en temps et en argent. Le SEV a réussi à éloigner le spectre de devoir négocier une CCT spécifique au personnel travaillant dans les ateliers d'entretien CFF.

On sait que Benedikt Weibel, qui quittera ses fonctions à la tête des CFF à la fin de l'année, voulait fortement une victoire dans le match qui l'opposait au SEV. Ce printemps, lorsque le boss des CFF avait résilié la CCT, il revendiquait une baisse de 5% des coûts de la masse salariale. Baisse qu'il voulait obtenir en augmentant le temps de travail, en baissant les revenus et en supprimant la protection contre les licenciements. Finalement, Benedikt Weibel, futur responsable de la sécurité pour l'Euro fiit 2008, n'aura obtenu qu'un match nul. Si l'augmentation du temps de travail a passé, il n'en a pas été de même pour le contrat social et la diminution des salaires via une CCT au rabais pour le personnel des ateliers d'entretien. Au dire des participants à ces négociations, la fin de la partie a été rude. Curieux détail, les derniers rounds de négociations entre le SEV et les CFF ont eu pour cadre une salle de conférence du Stade de Suisse à Berne.

Un match serré
Mercredi, à l'Hôtel de Berne, peu de délégués de la Conférence CCT CFF manquaient à l'appel. Ils avaient la responsabilité de dire oui ou non au résultat des négociations qui se sont déroulées entre les délégations SEV et CFF pour renouveler la convention collective de travail qui arrive à échéance au 31 décembre. François Gatabin, capitaine de l'équipe SEV, a présenté les principaux résultats du match: passage à la semaine de 41 heures, compensée par un jour de congé et une augmentation salariale de 1,5%; maintien d'une CCT pour les CFF et d'une CCT pour CFF Cargo SA, déviant ainsi en touche la demande des CFF qui voulaient instaurer une troisième CCT pour le personnel des ateliers d'entretien; et, surtout, sauvegarde du contrat social (interdiction de licencier du personnel pour des raisons économiques). Par ailleurs, en dehors du cadre des négociations CCT, la délégation syndicale a réussi à obtenir une augmentation de la masse salariale de 2%. Avec 1,5% d'augmentation pour compenser le passage aux 41 heures, cela fait 3,5% d'augmentation. Malgré tout, ce match nul n'enchante pas François Gatabin. "Le match a été serré. Nous voulions une CCT équivalente, notre objectif n'a pas été totalement atteint. Mais nous avons obtenu à la table des négociations le meilleur résultat possible." Résultat qui, pour le vice-président du SEV, aurait été moins bon si les cheminots n'avaient pas montré les dents lors de la manif à Berne le 23 septembre et lors de diverses actions cet automne dans les trains et les gares.

Vif débat
La présentation des résultats par François Gatabin a été complétée par ses trois coéquipiers qui ont participé aux négociations: Martin Allemann, chargé du dossier temps de travail; Philipp Hadorn, spécialiste des indemnités; et Nick Raduner pour la partie salaires. Les délégués ont dès lors eu toutes les cartes en main pour poser des questions aux quatre secrétaires syndicaux SEV. Et ils ne se sont pas gênés. Avant le vote, pas moins de 33 délégués se sont exprimés. Certains se sont contentés de ce résultat, d'autres sont déçus. Le Valaisan Michel Tacchini se veut positif. "Nous avons le contrat social durant 4 ans, ça compte! Négocier, c'est aussi savoir parfois faire des concessions." Le Fribourgeois Frédéric Rey estime quant à lui que l'équipe de négociation du SEV "n'aurait pas dû baisser le pantalon à 30 mètres de l'arrivée"...
Avant le vote, le président Pierre-Alain Gentil a déclaré "que le SEV a tiré tout ce qu'il a pu de cette négociation". Les délégués de la Conférence CCT ont accepté la nouvelle CCT par 81 oui, 25 non et 3 abstentions.

Alberto Cherubini

 

Edition n° 51/52 du 22 décembre 2006

 
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