Plan social préventif négocié avec Swissmetal
... sur fond de craintes d'une nouvelle annonce de restructuration

Nouveaux licenciements à la Boillat? La rumeur se fait insistante et les inquiétudes sont grandes du côté de Reconvilier où l'on parle du transfert probable des activités restantes de l'usine 1 à l'usine 2. Ces rumeurs sont aussi alimentées par les négociations en cours d'un plan social entre la direction de Swissmetal, les commissions d'entreprise de Dornach et de Reconvilier et Unia. Mais ces négociations visent à mettre en place un plan social «préventif», et aucune suppression d'emploi n'a pour l'heure été annoncée.
«Ces négociations se basent sur les expériences des commissions d'entreprise de Dornach ces dernières années. Depuis 2000, chaque année 20 ou 30 personnes étaient licenciées, sans aucun plan social ou mesures d'accompagnement si ce n'est celles de l'Etat français car la plupart des ouvriers touchés étaient des frontaliers, utilisés par Swissmetal comme marge de manœuvre», relève Bruno Schmucki, porte-parole d'Unia. «Les commissions en ont eu assez et ont voulu négocier un plan social pour l'usine de Dornach afin de protéger les personnes qui pourraient, à l'avenir, être touchées par de nouvelles suppressions de postes», ajoute-t-il.
Ainsi, en août 2006, les commissions de Dornach, avec l'appui d'Unia, proposent un projet de plan social à la direction. Celle-ci répond, en novembre, qu'elle est prête à discuter, mais à condition de négocier ce plan social pour le site de Reconvilier également. C'est en janvier que les commissions d'entreprise de Reconvilier décident d'entrer en matière et de mandater Unia pour négocier. Quatre rounds de négociations ont déjà eu lieu, sans résultat jusqu'ici, indique Bruno Schmucki. De grandes divergences existant notamment sur les retraites anticipées pour les ouvriers les plus âgés ou les indemnités de départ.

Pas de plan social au rabais!
Interrogé la semaine dernière par le Journal du Jura, qui annonçait ces négociations, le responsable Unia de l'industrie en Suisse alémanique, Beda Moor, estime que Swissmetal cherche, avec ces négociations, à améliorer son image négative en matière de gestion du personnel. Le Journal du Jura fait aussi état de pressions de la direction pour que les négociations aboutissent rapidement. Le responsable d'Unia est clair: il n'est pas question de discuter d'un plan social au rabais. Un avis partagé par Bruno Schmucki, qui voit aussi dans cet empressement la possibilité de négocier à la hausse ce plan social. «Si Swissmetal veut conclure rapidement, ils devront faire des concessions», dit-il, en ajoutant qu'en aucun cas ces négociations n'ont pour cadre l'annonce de futurs licenciements. «Nous n'avons reçu aucune information pour les mois qui viennent», précise-t-il.

Licenciements?
Si ce plan social a un but préventif, beaucoup, du côté de Reconvilier, s'inquiètent de cet empressement de la direction de Swissmetal. C'est que la mise en service de la nouvelle presse de Dornach, prévue cette année, laisse planer la crainte d'une nouvelle annonce de suppressions de postes. Selon le Journal du Jura, on parle de quelque 200 postes: une centaine à Dornach, une quarantaine à Reconvilier, et le reste à Lüdenscheid en Allemagne.
Et le chroniqueur du quotidien, témoin attentif du conflit de la Boillat, de se demander si cette pression ne serait pas le signe annonciateur d'un nouveau «coup de bluff» de Martin Hellweg, le CEO de Swissmetal, qui pourrait tabler sur l'annonce d'une nouvelle restructuration avant l'assemblée des actionnaires du 16 mai prochain et sur la hausse des actions que cela induirait, afin «de tirer sa révérence sur un coup d'éclat et en décrochant le jackpot»... L'avenir nous le dira.

SH


 

Edition n° 13 du 28 mars 2007

 
Imprimer l'article
 
Haut de la page