Temps forts dans l'horlogerie
La Convention collective de l'horlogerie souffle ses septantes bougies. Un livre commémore l'événement

Que de tours de cadran depuis la genèse de la Convention collective de travail (CCT) de l'horlogerie! Que de clauses additionnées à la mouture originelle! Pas moins de trente. Mais aujourd'hui, 70 ans après la signature du premier texte, les résultats sont là: l'accord liant les travailleurs de la branche au patronat figure parmi les meilleurs obtenus dans le secteur industriel de Suisse. Sans être parfaite, la dernière version de la CCT dans le domaine, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, a patiné ses mécanismes et fignolé ses rouages sur de nombreuses questions prenant en compte les aspirations du personnel. Ses acquis sociaux se traduisent notamment par cinq semaines de vacances pour tous et six dès l'âge de 50 ans; trois jours de formation annuelle payés, le congé maternité de seize semaines, rémunéré à 100%, le congé d'adoption de dix semaines, lui aussi entièrement couvert. Un dernier élément qui constitue une première dans le secteur privé comme la participation des employeurs aux frais de caisse maladie. Les horlogers ont aussi la possibilité de prendre leur retraite un an avant l'âge légal grâce à une rente pont AVS entièrement financée par le patronat. Autant de points positifs, de remises de pendules à l'heure qui n'ont toutefois pas été servis sur un plateau.

CCT sans secrets
Dans l'ouvrage édité par L'Evénement syndical et fraîchement sorti de presse, «La Convention collective de travail de l'horlogerie. D'où elle vient, ce qu'elle dit, ce qu'en pensent les travailleuses et travailleurs», un pool d'auteurs se penchent sur le sujet. Syndicalistes, professeur d'Université, historien, journaliste retracent le chemin parcouru, rappellent les principales luttes qui l'ont jalonné, analysent les rapports entre Unia et le patronat comme les moyens ayant contribué à des avancées notoires des conditions de travail des horlogers. Resurgie du passé, l'histoire de cette CCT est largement complétée par des chapitres actuels consacrés, entre autres, aux revendications spécifiques des femmes de la branche, aux effets de la libre circulation des personnes ou encore à la formation continue. Autant d'interventions fouillées qui permettent aux lecteurs d'appréhender globalement la thématique encore enrichie par les témoignages de travailleurs militants et de nombreuses photos.

Encore des progrès en perspective
«Ce livre s'adresse aussi bien aux salariés de la branche qu'à un public plus large», relève Jean-Claude Rennwald, membre du comité directeur d'Unia, responsable de l'horlogerie. Initiateur du projet, le syndicaliste a voulu, à travers cet ouvrage, offrir aux intéressés un «voyage» au cœur de la CCT de l'horlogerie. Une tranche d'histoire qui, en remontant le temps de 1937 à nos jours, met en lumière les événements saillants comme le rôle joué par les principaux acteurs ayant contribué à la signature de l'accord actuel. A la satisfaction des travailleurs de la branche, même si des progrès restent encore à accomplir, notamment sur le plan salarial.

Sonya Mermoud


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Le livre peut être commandé à la rédaction du journal. Prix 15 francs + frais de port à: L'Evénement syndical, Place de la Riponne 4, 1005 Lausanne ou forum@evenement.ch



 

Edition n° 16 du 18 avril 2007

 
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