Boillat: patrons et syndicat au tribunal
En menaçant, Swissmem accepte enfin de constituer un tribunal arbitral

Plus d'une année après la grève de la Boillat, alors que les travailleurs licenciés n'ont pas touché de plan social et que plane encore la menace d'une fermeture des usines de Reconvilier, l'employeur et l'association patronale Swissmem se sont donné la main la semaine dernière pour souhaiter que le tribunal arbitral prévu par la convention collective se détermine sur le rôle d'Unia dans ce conflit du travail. «Cette procédure devra se prononcer sur l'illégalité de la grève», espèrent les patrons qui visent à s'assurer qu'à l'avenir la paix du travail absolue règne dans l'industrie des machines. Swissmem et Swissmetal évoquent aussi les dommages et intérêts qu'ils voudraient voir infliger à Unia et «d'éventuelles prétentions à des prestations d'un plan social». Autrement dit, ils voudraient voir passer le syndicat à la caisse avant d'accepter peut-être de signer un plan social...
Indépendamment de cette procédure, Swissmem a annoncé qu'elle déposera sa propre plainte devant le tribunal arbitral afin que le syndicat soit rappelé à ses devoirs qui lui interdisent, selon elle, d'apporter son soutien aux travailleurs en grève.
Pour bien enfoncer le clou, Swissmetal, l'employeur, annonce qu'il entamera une procédure civile en dommages et intérêts contre Unia si le tribunal arbitral ne lui donne pas raison. Une curieuse façon de respecter le tribunal prévu par la convention collective... Hellweg ne nous a pas habitué à autre chose.

Unia applaudit!
Du tac au tac, le syndicat a répondu à ces intentions «en prenant acte que l'association patronale Swissmem assume enfin ses responsabilités sociales». Le syndicat rappelle ainsi qu'il exige depuis octobre 2006 la constitution d'un tribunal arbitral. Depuis que les négociations pour un plan social ont échoué, Swissmem bloquait cette revendication en refusant de nommer sa représentation au sein du tribunal.
Concernant le fond de l'affaire, Unia attend de connaître plus en détail l'argumentaire patronal avant de se prononcer.

SB  
 
 

 

Edition n° 17/18 du 25 avril 2007

 
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