Bienne: opération antidumping

Opération coup de poing. Le syndicat Unia Bienne-Seeland a invité la semaine dernière de nombreux représentants des médias à accompagner une équipe de contrôleurs du marché du travail sur un chantier d'une halle de stockage à Dotzigen, près de Bienne. But de cette action sécurisée par la police? Vérifier un cas de dumping salarial en direct. Sur place, les contrôleurs et la délégation syndicale, emmenée par son secrétaire et député Corrado Pardini, ont constaté qu'un certain nombre d'ouvriers tchèques occupés à la construction du hangar s'étaient fait imposer des contrats illicites. S'adressant à ces ouvriers, Corrado Pardini les a rassurés en précisant qu'ils n'avaient rien à craindre et que ce contrôle était dirigé contre leur employeur, soupçonné de verser des salaires nettement inférieurs au minimum légal. «Vous gagnez trois fois moins qu'un père de famille suisse alors que la loi vous donne droit au même salaire que lui.» Ce dernier a dénoncé le fait que l'entreprise schaffhousoise qui a fourni cette main-d'œuvre bon marché a commis des irrégularités. «Sur leur contrat, les ouvriers tchèques se voient promettre un salaire de 5000 francs pour faciliter l'acquisition d'un permis de travail. Arrivés ici, ils gagnent entre 500 et 800 euros.»
Contacté le 8 mai par le Journal du Jura, le patron de l'entreprise visée dément avoir pratiqué du dumping social et prétend que ses contrats sont conformes. Ses dénégations seront confrontées au rapport que les contrôleurs ont envoyé au Secrétariat bernois de l'économie.

L'ES

 

Edition n° 20 du 18 mai 2007

 
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