La lutte paie!
Les salariés de Schoeller Arca Systems à Romont ont obtenu leur plan social

Vendre une entreprise, son produit phare, son savoir-faire et licencier son personnel, ça coûte. Les employés de Schoeller Arca Systems à Romont l'ont démontré en refusant d'être pris en tenailles entre le vendeur et le repreneur. Sûrs que la production serait délocalisée après la vente de leur outil de travail, ils se sont battus pour que la direction leur assure un plan social. Opération réussie.


Ils avaient fait grève le matin du 7 mai pour que la direction accepte de négocier un plan social. Et étaient prêts à la reconduire, fin juin, si le plan social exigé n'était pas signé. Grâce à leur détermination et à leur courage, les employées de Schoeller Arca Systems à Romont ont obtenu de la direction du groupe hollandais un plan social substantiel. Après des négociations difficiles menées par la commission d'entreprise et Unia, le plan social, d'un montant de quelque 2 millions de francs suisses, a été signé le 2 juillet dernier.
Pour les employés de Schoeller Arca Systems, dont la revendication de départ était plus élevée, il n'était pas question de descendre au-dessous d'une somme de 2 millions et de brader ainsi leur savoir-faire. La quarantaine de personnes qui seront licenciées après la vente du site, toujours annoncée comme imminente, toucheront des indemnités de départ en fonction de leur âge et de leur ancienneté, ainsi qu'une prime pour enfants. Ces indemnités se situent entre un minimum de 3 mois de salaire et un maximum de 15 mois. De nombreux salariés comptant beaucoup d'années d'ancienneté toucheront entre 12 et 14 mois de salaire.  

Transfert de la technologie

«Ce plan social est satisfaisant et correspond au plancher décidé par les travailleurs en assemblée générale, note Armand Jaquier, secrétaire régional d'Unia Fribourg. Mais il ne remplacera jamais la perte des places de travail, d'un outil de production et d'un savoir-faire à la pointe d'un secteur.» Car le repreneur, qui devrait être le hollandais Curtec, ne s'intéresse qu'au produit phare imaginé et développé à Romont: des seaux en plastique hautement résistants aux produits chimiques. Son intention est de délocaliser la production et le savoir-faire en Hollande. D'où la nécessité pour Schoeller d'assurer le transfert des stocks et de la technologie après la vente. A ce titre, une clause du plan social spécifie que les travailleurs qui seront appelés à effectuer ce transfert après leur licenciement par Schoeller toucheront un double salaire pour cette tâche.
Une petite équipe de vente de 2 ou 3 personnes pourrait aussi continuer de travailler pour Schoeller Arca Systems à Romont. Le plan social établit qu'en cas de licenciement dans les 2 ans, ces employés en bénéficieront eux aussi.

Mobilisation exemplaire
«Les négociations n'ont pas été faciles et ce n'est que grâce à l'engagement de tous les salariés, lors du débrayage du 7 mai, puis lors de l'assemblée qui a décidé de reconduire la grève en cas d'échec de la négociation, que ce résultat a pu être obtenu», salue Armand Jaquier, qui rappelle que ce plan social ne fait qu'atténuer les conséquences d'une décision de fermeture d'un site prise par le groupe Schoeller Arca Systems, qui applique les préceptes les plus violents du libéralisme économique, au mépris des travailleurs. Il estime encore que ce plan social constitue une modeste indemnité face au pillage du savoir-faire des employés et espère que chacun, grâce aux compétences acquises chez Schoeller, retrouvera un emploi dans la région.

Sylviane Herranz



 

Edition n° 28/29 du 11 juillet 2007

 
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