Plan social signé avec Swissmetal
Il bénéficiera aux nombreux employés de Reconvilier et de Dornach victimes des licenciements massifs annoncés en juin.

Après de longs mois de négociations, le syndicat Unia, les Employés suisses et les représentations des travailleurs ont obtenu de la direction de Swissmetal la mise en place d'un plan social pour le personnel licencié ou muté des usines de Reconvilier et de Dornach. Le 12 juin dernier, Swissmetal annonçait des licenciements massifs sur les deux sites d'ici à fin novembre: 153 postes de travail supprimés, soit le quart des effectifs, ce qui correspond au licenciement de 208 personnes (voir L'ES du 20 juin 2007). Lors de la consultation sur les 21 premiers licenciements prévus pour fin juin, Unia et les Employés suisses avaient obtenu leur diminution à 11, ainsi que la réduction de 44 à 39 du nombre d'employés devant faire l'objet d'un congé-modification. Une seconde phase de consultation doit s'ouvrir après l'été pour les autres licenciements annoncés.
Le plan social est entré en vigueur, avec effet rétroactif, le 1er mars 2007. Il ne s'applique donc pas à la centaine de personnes licenciées l'année dernière après la grève, pour qui Swissmetal avait refusé tout plan social.
Selon Unia et les Employés suisses, le plan social prévoit notamment «de substantielles indemnités de départ en fonction de l'âge et de l'ancienneté, des préretraites dès 63 ans révolus et la protection absolue contre le licenciement au-delà de 62 ans. Les acquis salariaux sont par ailleurs garantis en cas de mutation au sein du groupe. Les autres mesures figurant dans le plan social concernent la reconversion professionnelle, la formation et le perfectionnement, ainsi que l'aide à la recherche d'emploi due aux personnes touchées par une restructuration. Enfin, une indemnité unique de 4000 francs est accordée en cas de déménagement». Une commission formée de représentants du personnel et de la direction veillera à l'exécution du plan social et statuera en cas de divergences sur son application.

Une première, mais la polémique reprend
«C'est la première fois que Swissmetal accepte de signer un plan social. Le faire, c'est reconnaître qu'il y a des conséquences pécuniaires pour le personnel touché et c'est accepter de contribuer à leur dédommagement», souligne Fabienne Blanc-Kühn, membre du comité directeur d'Unia, qui relève l'importance de cet accord.
Mais le jour même de l'annonce du plan social, le 11 juillet, Swissmetal faisait connaître un mémorandum sur le conflit de la Boillat. Dans ce document, adressé à ses clients et actionnaires, le groupe s'en prend à tous les protagonistes du mouvement, syndicat Unia en tête, représentants du personnel, autorités politiques locales et cantonales, et même au conseiller fédéral Joseph Deiss et à l'association patronale des machines. «Il était difficile pour Swissmetal d'apparaître comme acceptant de donner quelques sous aux personnes licenciées sans reprendre les polémiques. Ce document, qui ne respecte pas les faits, est écrit sur ce ton qu'on lui connaît bien», note Fabienne Blanc-Kühn.

Sylviane Herranz

 

Edition n° 30/31 du 25 juillet 2007

 
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