Une heure de travail en plus, une soirée de foutue...
Unia a récolté 850 signatures contre l'extension des horaires des commerces à proximité d'Yverdon

«La moindre des choses aurait été de consulter les vendeuses», tonne Alexandre Martins, secrétaire syndical d'Unia à Yverdon, à propos de l'extension de l'horaire de 17h à 18h le samedi dans les commerces d'En Chamard à Montagny-Près-Yverdon. Or, c'est par la presse qu'Unia et les employés ont appris que la municipalité de Montagny avait accédé fin juin à la demande de l'Association des commerces d'En Chamard. Bien décidé à contrer cette autorisation, Unia a lancé, avec le soutien de l'assemblée des vendeuses, une pétition qui a récolté 850 paraphes, dont ceux de 200 employés de la vente. Elle a été déposée auprès de la municipalité à la fin juillet.
Pour les vendeuses, explique Alexandre Martins, finir sa journée de samedi à 17h permet de préserver un moment pour la famille et les amis. «Le personnel de vente finit à 19h ou 20h en semaine, le samedi est le seul jour où d'autres activités peuvent être prévues», assure-t-il. Le fait que l'association des commerçants ait décidé de réduire en parallèle l'horaire de 21h à 20h le vendredi ne compenserait en rien l'augmentation du samedi: «De toute façon le vendredi, la journée est foutue!» La réduction du vendredi a été décidée parce que cette plage horaire ne s'est pas révélée rentable, selon Unia.
Plusieurs petits commerçants ont d'ores et déjà décidé de ne pas élargir leurs horaires. Nombres d'entre eux y sont opposés, car ce ne serait pas nécessairement une bonne affaire. Les grandes surfaces auraient profité de leur sous-représentation lors de l'assemblée des commerçants d'En Chamard. Du côté de la municipalité, l'enthousiasme ne semble pas non plus de la partie. Linus Auer, le syndic de Montagny, confiait en juin à 24 heures ne pas être personnellement favorable à une telle extension: «Les gens ont tout de même le droit de profiter de leur week-end et de leur congé!».
Reste à savoir si l'exécutif de Montagny reviendra sur sa décision. Fort de sa pétition, Unia rencontrera dans tous les cas les autorités municipales en septembre, et organisera une nouvelle assemblée des vendeuses. «On fera notre maximum», s'engage Alexandre Martins.   

Christophe Koessler

 

Edition n° 32/33 du 8 août 2007

 
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