Appliquez la CCT Migros aux employés de Denner!
Le rachat de Denner par Migros ne doit pa entraîner de licenciements, mais améliorer les conditions de travail des employés

Denner gardera ses enseignes pendant encore cinq ans, mais il ne faut pas s'y tromper: Migros avale bel et bien Denner et sera donc en mesure de déterminer les conditions de travail de ses employés. Le syndicat Unia exige donc que les travailleurs de Denner jouissent des mêmes avantages que ceux du géant orange. La Convention collective de Migros devra leur être appliquée pour garantir l'égalité de traitement des vendeuses et vendeurs au sein de la coopérative. A défaut, «si Migros s'y refuse en raison des restrictions imposées à ce rachat par la Commission de la concurrence (Comco), une convention collective séparée garantissant les mêmes conditions qu'à la Migros devra être adoptée», précise Catherine Laubscher, responsable du commerce de détail d'Unia. La Comco a notamment imposé à la Migros de préserver une certaine indépendance chez Denner pendant les cinq années à venir.

Coop montre l'exemple
La récente reprise de Carrefour par Coop, annoncée fin août, démontre la faisabilité de la revendication du syndicat: la direction de Coop s'est en effet engagée à soumettre tous les employés de Carrefour à sa CCT. Unia demande que Migros joue le jeu et fasse de même. Ce qui entraînerait une très nette amélioration des conditions de travail des employés de l'ex-Denner, habitués au travail sur appel. Le nombre d'heures de travail, aujourd'hui bien au-delà de 40 heures chez Denner, devrait diminuer. Des gains sont aussi attendus au niveau de la prévoyance vieillesse, des vacances et des congés maternité et paternité. Les nouveaux pères ont en effet droit à 2 semaines de congé payé chez Migros. La CCT apporte par ailleurs transparence, égalité de traitement et stabilité pour les travailleurs. Jusqu'à présent, Denner s'était toujours refusé à adopter une telle convention pour ses employés. A une exception près: une CCT avait été contractée pour la centrale de distribution de Egerkingen, en collaboration avec Unia. Le syndicat demande son maintien.

Préserver l'emploi
Unia réclame également des garanties quant aux places de travail au sein du groupe. Des petits détaillants Denner proches de magasins Migros pourraient à terme être fermés. A nouveau Coop a montré l'exemple: l'autre géant du commerce de détail s'est engagé à reprendre tout le personnel de Carrefour et à exploiter les mêmes surfaces de vente, y compris celles qui se trouvent proches de ses magasins.
Les concentrations actuelles dans la vente se révèlent à double tranchant pour les travailleurs. D'un côté, elles offrent l'opportunité d'une extension des meilleures conditions de travail prévalant dans certaines grandes entreprises. De l'autre, elles font craindre des économies d'échelle négatives pour l'emploi et un renforcement du pouvoir des grands groupes, toujours plus à même d'imposer leurs conditions aux employés: «De même que les fédérations de consommateurs redoutent des hausses des prix des biens de consommation, on peut craindre une pression supplémentaire sur les salaires», indique Catherine Laubscher.

Christophe Koessler

 

Edition n° 37/38 du 12 septembre 2007

 
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