La Suisse doit sortir de ce climat de putsch qui perdure!
L'USS appelle au renforcement des partis de gauche et à de nouvelles majorités pour trouver des solutions sociales

Les syndicats veulent une politique de péréquation sociale. C'est pourquoi ils appellent à élire des candidats de gauche lors des prochaines élections fédérales, pour stopper la politique antisociale imposée par la droite, cela dans l'intérêt de tous les salariés du pays.

Un regard sur la dernière législature du Parlement fédéral montre que les syndicats ont souvent dû intervenir pour corriger le cours des choses dans l'intérêt de leurs membres. Dès le début de la législature, nous avons gagné d'importantes votations populaires contre la majorité de droite du Parlement. En tout premier lieu, nous avons fait mordre la poussière à une 11e révision de l'AVS qui relevait l'âge de la retraite sans prévoir de retraite à la carte accessible à toutes et à tous. Nous avons aussi rassemblé une majorité de citoyennes et de citoyens contre un «paquet fiscal» antisocial. De même, nous avons contribué de manière déterminante à mettre sur pied une assurance maternité et à améliorer les allocations familiales dans tout le pays. Par ailleurs, nous avons aussi clairement participé au naufrage de l'absurde initiative de politique des transports Avanti (Gothard) et de la révision bancale du droit du bail qui promettait une hausse des loyers. Enfin, nous avons enregistré des succès d'estime dans la lutte contre l'extension du travail dominical dans les gares ainsi qu'avec l'initiative «Services postaux pour tous». Lors de ces deux scrutins, il ne nous a manqué que quelques milliers de voix pour l'emporter.
Sur le plan de la politique économique et salariale, nous avons posé des jalons constructifs afin qu'une majorité parlementaire se prononce en faveur des mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes avec l'Union européenne. Ces mesures visant à contrer le risque de sous-enchère salariale ont eu un impact déterminant sur l'issue positive de la votation populaire.

Les blocages imposés par la droite
Tous ces succès prouvent que les syndicats peuvent rassembler une majorité de citoyens en faveur de leurs revendications. L'exemple de la libre circulation met toutefois en évidence le fait qu'il est préférable de pouvoir compter, au Parlement déjà, sur une majorité constructive et disposée au compromis. Or cela fut plus difficile durant la deuxième moitié de cette législature, à une exception près: la nouvelle loi sur l'approvisionnement en électricité. Dans ce cas, la pression exercée par les syndicats sur le Parlement dans le but de trouver une solution de compromis a en effet porté ses fruits. Mais dans l'ensemble, ce sont surtout les blocages qui ont marqué la fin de la législature. De fait, la nouvelle majorité de droite du Conseil fédéral et certaines positions extrémistes défendues au Parlement ont eu une incidence négative dans des domaines tels que l'AVS - la volonté manifestée par la majorité de la population a été méprisée -, l'AI - le désendettement nécessaire et urgent a été refusé - ou encore l'assurance maladie - la révision a été bloquée.

Stopper le démantèlement social
Les débats que la droite ne cesse de lancer sur certains abus et sur l'évolution soi-disant excessive de la criminalité et de la violence ont un seul et unique but: détourner l'attention de la répartition toujours plus injuste des richesses et de la fortune ainsi que des problèmes de pauvreté qui en découlent, c'est-à-dire présenter l'Etat social sous un jour défavorable et rejeter toujours davantage d'individus dans le besoin en marge de la société. Au lieu de s'occuper des problèmes sociaux et économiques, le Conseil fédéral et le Parlement s'obstinent à mettre l'accent sur la politique de migration à laquelle ils font subir d'énormes reculs.
La Suisse doit sortir de ce climat politique de putsch qui perdure. L'agenda politique ne doit plus être principalement dicté par la propagande diffusée à coups de millions par le parti d'un milliardaire autoritaire. D'autant plus que cet agenda vise de fait le démantèlement social et l'octroi de cadeaux fiscaux à quelques riches, et s'oppose à la péréquation sociale et aux revendications de la grande majorité des citoyens à bas et moyens revenus. De plus, il déstabilise la Suisse et la conduit à l'isolement.

Trouver des compromis durables
Notre démocratie référendaire a besoin de bons compromis aux effets durables. Les syndicats veulent favoriser le progrès dans le cadre des règles de la démocratie. Les Trente Glorieuses qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale - marquées par le développement de la prospérité sociale et économique - en sont un exemple. S'il n'est guère probable qu'elles se reproduisent un jour, une politique favorisant le plein emploi, la sécurité sociale, la justice fiscale, l'intégration des personnes qui vivent et travaillent en Suisse et la cohésion nationale n'en est pas moins possible. Mais pour cela, il faut la volonté politique claire de nouvelles majorités sensibles à ces questions au Conseil national, au Conseil des Etats ainsi qu'au Conseil fédéral.
Souvent, il ne manque que quelques voix pour faire passer des revendications sociales qui sont dans l'intérêt des salariés de ce pays. L'issue des élections fédérales à venir sera donc déterminante pour la politique de péréquation sociale si importante pour les syndicats. C'est pourquoi les divers partis de gauche, en tout premier lieu le Parti socialiste et les Verts, doivent sortir renforcés des urnes. On trouve sur leurs listes de nombreux syndicalistes, hommes et femmes. Le nombre des rouges-verts a déjà augmenté lors des deux dernières élections. Qui veut trouver des compromis durables et instaurer une péréquation sociale veillera à ce que cette progression soit à nouveau sensible sur l'ensemble du pays.

Rolf Zimmermann/USS/L'ES

 

Edition n° 40 du 3 octobre 2007

 
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