Il n'y a pas de honte à s'offrir des bonnes choses!
L'Econome du Chablais, un club au service des syndiqués d'Unia

«On a commencé en 1980 ou 1981, d'abord sur le site chimique de Monthey où on travaillait. On distribuait de simples feuilles A4 dans l'usine.» Jean-Marie Griffo et Maurice Braillard forment une paire inhabituelle. Cela fait plus de 25 ans qu'ils s'occupent de L'Econome du Chablais. L'Econome du Chablais? C'est un «club» particulier, dont le but est de permettre aux membres du syndicat Unia de s'offrir de bonnes bouteilles et quelques autres produits pour les fêtes de fin d'année.
Le club a été fondé dans le sillage du Club des acheteurs, créé à Genève dans l'après-guerre par Aramis Cremonini, ancien secrétaire syndical de la Fédération du personnel du textile, de la chimie et du papier (FTCP). «Cremonini avait débuté en faisant des tournées sur les chantiers. Il vendait des pâtes, de la farine, de l'huile, etc. Lorsqu'il a remis son club, au début des années 80, nous avons repris le principe mais n'avons gardé que le vin et de la petite marchandise», expliquent les deux compères, membres à l'époque de la FTCP, syndicat qui a ensuite fusionné avec la FOBB pour créer le SIB, puis Unia.
Alors qu'à ses débuts tout le comité de section s'occupait du club, ces deux ouvriers de la chimie - militants syndicaux et jeunes retraités - sont aujourd'hui seuls à gérer l'Econome du Chablais pour les membres de la section d'Unia Bas-Valais. Mais ils peuvent compter sur une organisation bien rodée. De tels clubs, à but non lucratif bien sûr, existent dans cinq autres villes de Suisse (voir ci-dessous), ainsi que dans l'entreprise Novartis à Nyon.

Dégustation, sur mesure!
Chaque année au printemps, les délégués des différents clubs régionaux se retrouvent à Genève, au Club de la solidarité qui chapeaute le tout, pour un comité de dégustation. «C'est une journée affreuse! On déguste au moins 80 bouteilles, venant de Suisse et d'autres pays, proposées par des producteurs et des fournisseurs. On les note et on voit si elles valent la peine ou non», lance Maurice Braillard. «Notre critère de choix? C'est un bon rapport qualité-prix. On a des bouteilles bon marché, des plus chères, mais nous nous basons toujours sur ce critère. Et cette année, il y a beaucoup de nouveautés», explique Jean-Marie Griffo, qui liste encore les autres produits que les membres d'Unia peuvent acheter: liqueurs, compléments alimentaires tels huile de bourrache ou spiruline - une algue mexicaine -, huile d'olive, miel, saumon et même foie gras et caviar! «Le caviar, chez nous, c'est une boîte par année au maximum qui est commandée. Car ce qui prime, c'est le vin», sourit-il.

La qualité...
«Les riches disent qu'il ne faut pas avoir honte à faire du pognon, nous, nous disons qu'il ne faut pas avoir honte à bien l'utiliser et à s'offrir des bonnes choses!», relève Maurice Braillard. Et d'expliquer ensemble leur motivation: d'abord proposer aux membres de bons produits et ensuite faire de la publicité pour le syndicat. «C'est devenu presque notre métier maintenant, dit Jean-Marie Griffo. On rouspète tout le temps mais on est bien content de rencontrer nos collègues.»
Ces rencontres, que ce soit dans le Chablais ou dans les autres clubs, ont toujours lieu début décembre au moment de la livraison de la marchandise. Concrètement, les membres des sections où existe un club reçoivent à la mi-septembre un catalogue avec presque 300 produits sélectionnés au printemps. Ils passent leur commande, par courrier ou par internet, puis sont convoqués pour le retrait de la marchandise. Pour le Bas-Valais, cette remise a lieu dans un entrepôt de St-Maurice, loué pour les quelques jours nécessaires à la mise en place et à la livraison.

... et la solidarité
«Nous avons presque 200 personnes qui passent commande dans le Bas-Valais, mais il nous en faudrait beaucoup plus! Auparavant, lorsque nous dégagions du bénéfice, nous faisions des dons pour la formation des chômeurs en vue de leur réinsertion. Mais aujourd'hui, malgré notre travail bénévole, le bénéfice couvre tout juste les frais», ajoute encore Jean-Marie Griffo, qui lance un appel à tous les syndiqués de la section intéressés.

Sylviane Herranz

 

Edition n° 40 du 3 octobre 2007

 
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