Record d'adhésions dans l'horlogerie
Plus de 900 adhésions à Unia en neuf mois. Ce record est fondé en grande partie sur la présence en entreprise

En l'espace de ces neuf premiers mois, 915 nouvelles adhésions au syndicat Unia ont été enregistrées dans l'industrie horlogère. Ce record est le fruit d'un patient travail des permanents et des militants qui ont pu fonder leurs arguments sur une convention collective attractive. Les résultats les plus spectaculaires ont été obtenus là où le syndicat a misé sur la présence dans les entreprises, pendant le temps de travail.

Ces neuf premiers mois, Unia a recruté 915 nouveaux membres dans l'industrie horlogère. Meilleur que jamais, ce résultat intermédiaire dépasse le score total de l'année dernière, à savoir 717 adhésions. A la fin de cette année, à l'heure du bilan annuel, le nombre de nouveaux membres se situera de toute évidence autour de 1200 et en tout cas pas au-dessous de 1100. Dans les deux cas, le record de 1027 nouveaux membres établi en 2002 sera battu!

L'aiguillon de la CCT
«L'augmentation de nos effectifs apporte davantage de poids à nos revendications et renforce notre crédibilité face au patronat», se félicite Jean-Claude Rennwald, responsable de l'horlogerie à la direction d'Unia. «Ce résultat est le fruit d'un bon travail des collègues. Ils ont su fonder leurs arguments sur une nouvelle convention collective attractive». Pour mémoire, cette CCT comporte d'importantes avancées sociales, notamment des mesures financières facilitant la retraite anticipée (rente pont relevée de 18000 à 24000 francs par année), le congé d'adoption étendu au père adoptif ainsi qu'une augmentation des contributions patronales aux cotisations de la caisse maladie, lesquelles passent de 100 à 130 francs par mois pour le travailleur et de 30 à 60 francs pour les enfants. Cette convention contient également des dispositions par lesquelles les employeurs qui recourent à des agences intérimaires veillent à ce que ces dernières respectent les clauses de la CCT dans les domaines des salaires minimaux, du 13e salaire, des vacances, des jours fériés et de la durée de travail, y compris les heures supplémentaires.

Présence dans l'entreprise
La région Unia Transjurane est celle qui a le plus largement dépassé les objectifs fixés en matière d'adhésions: 266 en neuf mois alors que la barre était fixée à 180 pour douze mois! La clé d'un tel résultat? Eric Bauer, responsable de l'opération, ne prétend pas faire des miracles. Il a simplement pris le pari de miser sur le recrutement à l'intérieur des entreprises, par le truchement de séances d'informations portant sur la Convention collective, pendant les heures de travail. «Nous avons constaté que c'est beaucoup plus efficace que d'attendre à la sortie des fabriques car les gens ont hâte de rentrer chez eux, surtout les frontaliers. Ils n'ont ni le temps ni l'envie de discuter. Dans les entreprises, nous réunissons des groupes allant de 3 à 15 travailleurs. Nous constatons qu'ils ont un grand besoin d'information et nous prenons le temps de leur apporter des réponses concrètes». Difficile d'entrer dans les entreprises? «Parfois oui. Mais avec de la volonté et de la diplomatie, on parvient le plus souvent à convaincre les employeurs du bien fondé de notre présence». A cet égard, Eric Bauer s'appuie sur une nouvelle disposition de la CCT dans laquelle les patrons s'engagent à «faciliter l'accomplissement des tâches syndicales relatives à l'information et au recrutement». Preuve que cette clause dépasse la seule déclaration d'intention. «Manifestement, cela facilite le travail syndical à l'intérieur des entreprises», commente Jean-Claude Rennwald.
Au-delà des adhésions, Eric Bauer a mis en place des permanences syndicales dans une demi-douzaine d'entreprises. Le premier pas vers un réseau appelé à s'étoffer au fil des mois. «Cela permet de faire un travail syndical de proximité, de résoudre les problèmes là où ils se posent et d'établir des rapports de confiance durables».

Pierre Noverraz

 

Edition n° 41/42 du 10 octobre 2007

 
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