Coop augmente les petits salaires de 100 francs
Unia a obtenu 100 fr. par mois d'augmentation pour les salaires en dessous de 4000 francs et une hausse ciblée pour les femmes

Chez Coop, sur les 2,5% de la masse salariale à disposition pour les augmentations salariales, 0,5% sera consacré à la concrétisation de l'égalité salariale entre femmes et hommes. C'est un grand pas vers l'égalité! Par ailleurs, un congé paternité payé d'une semaine a été introduit dans la convention collective de Coop, qui vient d'être renouvelée pour trois ans.

Les résultats des négociations salariales avec Coop sont satisfaisants, estime Unia. La coopérative de grande distribution reste une des meilleurs élèves du secteur, même si les salaires dans la vente restent bas - à Coop comme ailleurs dans le commerce de détail - ne permettant pas toujours aux vendeuses et vendeurs de vivre dans des conditions décentes. Chez Coop, c'est maintenant pour la troisième année consécutive que des augmentations généralisées sont octroyées aux salariés les plus modestes.
Cette année, un accord a été passé pour que tous les salaires en dessous de 4000 francs soient relevés de 100 francs. Les salaires minimaux seront aussi rehaussés de la même somme (voir encadré). Pour les autres salariés, les augmentations de salaires se feront individuellement.
Unia avait réclamé une augmentation générale de 150 francs pour tous, et 50 francs supplémentaires pour les employés de longue date. Si l'intégralité de la demande n'a pas été satisfaite, le syndicat a toutefois obtenu une hausse ciblée de 0,5% pour les femmes. «Cette mesure a pour but de compenser l'inégalité salariale entre hommes et femmes, qui est de l'ordre de 13% dans la vente», explique Catherine Laubscher, responsable de la branche du commerce de détail à Unia. Le geste est peu courant, voire pratiquement inexistant, au sein des entreprises suisses. Unia le considère comme un premier pas pour Coop, et un exemple à suivre pour d'autres sociétés. Le syndicat sera attentif quant à sa mise en œuvre au sein de l'entreprise.

Convention renouvelée!
Les salaires Coop ont connu un bond sans précédent depuis l'année 2000, date à laquelle les syndicats ont lancé la campagne pour le relèvement des salaires minimaux. Les rémunérations les plus basses ont augmenté de près de 1000 francs par mois en Valais et au Tessin. Un résultat qui prouve que des grandes avancées sont possibles dans tous les domaines. Le renouvellement de la Convention collective de travail (CCT), qui vient d'être conclue pour trois ans, est également satisfaisant aux yeux d'Unia. Ce qui n'était pas gagné d'avance: «Nous avons réussi à ce que Coop retire ses projets qui péjoraient le contenu de la CCT, comme la réduction drastique des primes de fidélité», déclare Catherine Laubscher. A l'inverse, le syndicat a obtenu deux améliorations: l'adoption d'un congé paternité payé d'une semaine et une huitième semaine de vacances pour les employés âgés de plus de 63 ans. «Jusqu'à présent, au-delà de 2 jours, il n'y avait que des congés non payés pour les pères. C'était presque une injure faite aux employés, car avec les salaires qui sont pratiqués dans la vente, les pères ne pouvaient jamais se l'offrir. Cette nouveauté constitue une brèche qu'il faudra élargir à l'avenir. Le premier pas est le plus difficile», continue la responsable.

Halte aux abus du travail à l'heure
Prochaine priorité pour Unia: entamer avec Coop une discussion constructive sur la question du travail rémunéré à l'heure, qui s'est développé ces dernières années. «Cela pose un problème car aujourd'hui les salariés n'ont pas d'alternatives. A Coop, il est de plus en plus difficile d'accéder à un poste fixe», explique Catherine Laubscher. «Il existe pourtant une disposition de la CCT qui prévoit qu'un employé salarié à l'heure qui travaille pendant une année pour un équivalent mi-temps peut obtenir un contrat de travail fixe. Nous allons demander son application. Aujourd'hui, on leur répond souvent qu'il n'y a pas de postes fixes disponibles. C'est inacceptable et à régler d'urgence!»

Christophe Koessler

 

Edition n° 44 du 31 octobre 2007

 
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