FO Métaux et Unia en hélico
Réunis près de Marseille à fin octobre, les deux syndicats ont décidé de développer la coopération transfrontalière

Renforcement de la coopération syndicale transfrontalière et mise à profit d'expériences communes en vue de favoriser le recrutement des cols blancs (techniciens, ingénieurs, informaticiens) et des cadres: tels sont les principaux résultats de la 7e rencontre annuelle entre des délégations de Force ouvrière (FO) Métaux et d'Unia. Une séance organisée sur le site de la firme européenne Eurocopter qui fabrique plus de 600 hélicoptères par année.

La fédération FO de la Métallurgie était notamment représentée par Philippe Fraysse et Marie-Josée Millan-Noirault. Conduite par Renzo Ambrosetti, coprésident d'Unia et président de la FEM, la Fédération européenne des organisations syndicales de la métallurgie, ainsi que par Jean-Claude Rennwald, membre du comité directeur, la délégation d'Unia comprenait en outre quatre permanents syndicaux romands: Eric Bauer (Transjurane), Aldo Ferrari (Vaud), Alain Perrat (Genève) et Blaise Carron (Valais).
Pour des «petits Suisses», le site d'Eurocopter de Marignane paraît gigantesque. Et il l'est, puisque ce ne sont pas moins de 10000 personnes qui travaillent dans ses murs, dont 6300 employés et 1000 travailleurs intérimaires, le solde étant composé d'employés des maisons de sous-traitance. En 2006, Eurocopter a produit 600 hélicoptères, et 615 durant les neuf premiers mois de cette année. Les clients se répartissent entre les armées (20%), les collectivités publiques (police, pompiers, etc., 20%) et le civil.

Eurocopter, un bastion de FO
es conditions de travail offertes par Eurocopter sont enviables. On y pratique la semaine de 35 heures et les heures supplémentaires sont majorées de 25%, alors que la loi ne prévoit que 10%. Le salaire médian s'élève à 3500 euros (5400 francs suisses), alors que personne ne gagne moins de 1740 euros (2760 francs suisses). Compte tenu du niveau des prix en France, de la sécurité sociale et des allocations familiales, les travailleurs d'Eurocopter, à qualifications égales, sont mieux lotis que leurs collègues suisses. Attention, ces conditions de travail et ces salaires ne tombent pas du ciel. Chez Eurocopter, 80% des salariés sont syndiqués. Et ce site est un véritable bastion de FO Métaux, fédération à laquelle appartiennent 44% des syndiqués, contre 12% à la CFDT et 8% à la CGT. Ce rapport de forces assure une solide assise à FO Métaux au sein du comité d'entreprise, dont les prestations sont immenses: sport, lecture, cinéma, vacances. Il est vrai que le budget du comité d'entreprise tourne autour des 15 millions d'euros!

Le poids des cadres
En raison d'une production très sophistiquée, le personnel d'Eurocopter compte une proportion de cadres, d'ingénieurs et d'autres employés techniques nettement plus élevée que la moyenne. Voici une quinzaine d'années, l'entreprise occupait 21% de cols bleus (personnel de production) et 8% d'ingénieurs. Aujourd'hui, les rapports sont exactement inverses! C'est pourquoi FO Métaux consacre beaucoup d'efforts à la syndicalisation des cols blancs. En 1972, FO Métaux a d'ailleurs négocié et obtenu une convention collective nationale des ingénieurs et cadres. FO Métaux souhaite par conséquent partager sa longue expérience avec Unia dans le souci commun d'accroître et de renforcer l'action syndicale vis-à-vis de cette catégorie de salariés.

Patronat suisse dénoncé
A cette occasion, tant FO Métaux que Unia ont critiqué l'attitude irresponsable du patronat suisse de la construction qui, en dénonçant unilatéralement la convention collective du bâtiment, risque de mettre en jeu la libre circulation des personnes entre l'Union européenne et la Suisse.
Au-delà de ce conflit, FO Métaux et Unia ont décidé d'intensifier leur lutte commune contre le dumping social et la sous-enchère salariale. Cela se traduira concrètement par l'élaboration d'une plaquette d'information à destination des travailleurs frontaliers pour la défense de leurs droits au même titre que tous les salariés nationaux. Ce projet va dans le sens d'un renforcement de la collaboration syndicale transfrontalière, à propos notamment du travail détaché.

Jean-Claude Rennwald

 

Edition n° 45 du 7 novembre 2007

 
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