Objectif: 5% d'entreprises formatrices de plus dans le Jura
Le Jura entend enfin combler son manque de places d'apprentissage. A la satisfaction d'Unia qui s'est investi dans ce dossier

Le gouvernement jurassien a inscrit la promotion de l'apprentissage dans les priorités de son nouveau programme de législature. Avec l'objectif d'augmenter de 5% le nombre d'entreprises formatrices dans le canton. Cette mesure vient s'ajouter à la création d'un fonds de soutien aux formations professionnelles voulu par les syndicats et les milieux progressistes et adopté récemment par le peuple jurassien. Unia, très engagé dans la promotion des places d'apprentissage, se félicite de ces avancées et veillera à leur application.

Dans le Jura aujourd'hui, seulement 25% des entreprises forment des apprentis. Ce chiffre est d'autant plus alarmant que 40% des élèves sortant de la scolarité obligatoire embrassent une formation professionnelle, une proportion supérieure à la moyenne suisse. Cette pénurie préoccupe depuis longtemps le syndicat, tant à l'échelle cantonale que nationale. On se souvient à cet égard de l'engagement d'Unia pour l'initiative sur les places d'apprentissage malheureusement rejetée par le peuple suisse en mai 2003. Mais même enterrée, cette initiative a eu le mérite de focaliser l'attention sur la question des pénuries chroniques dans les filières de la formation duale (apprentissage en entreprise avec partie théorique en école professionnelle). Ainsi le Jura, après Genève, Neuchâtel et le Valais, a approuvé à 68,6%, en juin dernier, la création d'un fonds de soutien aux formations professionnelles, rejetant ainsi un référendum lancé par une partie des milieux patronaux. Pour mémoire, ce fonds piloté par l'Etat et les partenaires sociaux a pour objectif de favoriser l'apprentissage à travers diverses mesures d'appui et d'alléger la charge des entreprises formatrices par le biais d'une contribution versée par les entreprises non formatrices.

Prévenir les ruptures d'apprentissage
«C'est un pas dans la bonne direction, mais il reste beaucoup de chemin à faire», plaide François-Xavier Migy, secrétaire syndical à Unia Transjurane, ancien président du comité de soutien en faveur de ce fonds. «Le canton semble aujourd'hui vouloir empoigner ce problème et nous nous en réjouissons; nous veillerons bien sûr à ce que ses intentions se concrétisent valablement.»
Le gouvernement jurassien vient en effet d'inscrire dans les priorités de son programme de législature 2007-2010 sa volonté d'augmenter de 5% le nombre d'entreprises formatrices sur le territoire cantonal. Son action consistera en premier lieu à mener des actions promotionnelles en faveur de l'apprentissage, qui s'adresseront au public et aux entreprises. En second lieu, le canton entend soutenir la création de réseaux d'entreprises formatrices et d'alléger les démarches administratives des entreprises liées à l'engagement des apprentis.
Enfin, le Jura va mettre l'accent sur le soutien aux apprentis en difficulté, par le biais d'un programme de coaching individualisé formaté par la Confédération. Il s'agit en effet de remédier à un phénomène préoccupant: l'augmentation constante du nombre de ruptures de contrats d'apprentissage. Deux causes principales expliquent ces décrochages: «Le niveau de formation est en général plus exigeant qu'autrefois. Mais aussi et surtout, certains apprentis n'apprennent pas le métier qu'ils auraient souhaité: faute de place d'apprentissage, ils ont dû se rabattre sur une profession qu'ils n'aiment pas et finissent par être démotivés», explique François-Xavier Migy. A l'évidence, la clé du problème se trouve dans l'adéquation de l'offre des places d'apprentissage.

Pierre Noverraz



L'apprenti pas rentable? Idée fausse!

Il y a certes des entreprises trop petites ou trop spécialisées pour être en mesure d'offrir des places d'apprentissage. Mais il y a aussi des employeurs qui pourraient mais ne veulent pas former d'apprentis tout simplement parce qu'ils estiment que cela leur coûterait trop cher. Idée fausse! Ce préjugé tenace a été démenti par une étude de l'Université de Berne réalisée en 2000. Conclusion? Globalement, pour l'ensemble de la Suisse, les coûts bruts de l'apprentissage dual s'élèvent à 4,8 milliards de francs alors que les activités productives des apprentis atteignent 5,3 milliards. On ne saurait être plus clair.

PN


Salon de la formation à Reconvilier

Reconvilier abritera du 15 au 19 avril 2008 le 5e Salon de la formation du Jura et Jura bernois dans le complexe de la halle des fêtes. Organisée tous les deux ans par les deux cantons concernés, cette manifestation d'envergure est avant tout destinée aux jeunes des écoles secondaires qui pourront découvrir plus d'une centaine de métiers ainsi que diverses filières dans le domaine de la formation professionnelle. Ce salon sera également un lieu de démonstrations, de débats et de conférences.

PN

 

Edition n° 47/48 du 21 novembre 2007

 
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