Une convention collective pionnière !
Congé maternité de 18 semaines et de nombreux avantages pour la famille: une nouvelle CCT à l'avant-garde est conclue chez MPS

La commission d'entreprise et le syndicat viennent de finaliser la nouvelle convention collective de travail pour l'entreprise Micro Precision Systems (MPS) à Bienne et sa succursale à Bonfol. Dix-huit semaines de congé maternité, congé paternité de 5 jours, 1500 francs d'allocation de naissance et participation patronale aux frais de l'assurance maladie: la responsabilité sociale et familiale de l'employeur est au cœur de ce nouveau dispositif salué comme un modèle du genre.

Mardi 27 novembre à Bienne. Il est six heures et demie du matin. Sur le parc de l'entreprise MPS, encore plongé dans le noir et le froid, les deux secrétaires syndicaux biennois Teresa Matteo et Jesus Fernandez, emmitouflés dans leur veste rouge, distribuent au personnel des tracts portant sur leur nouvelle convention collective de travail. Les ouvrières et les ouvriers sont plutôt contents d'en connaître les détails. Et pour cause, cette convention qui s'appliquera aux 186 employés de cette usine spécialisée dans les microsystèmes, tant à Bienne qu'à Bonfol dès le 1er janvier 2008, se révèle exemplaire sur bien des points.

Nombreuses avancées
Les avancées les plus significatives portent sur les prestations familiales. Le congé maternité s'élèvera désormais à 18 semaines payées à 100%. Le congé de naissance, pour le père, passe de deux à cinq jours, le congé mariage de deux à trois. Nouveauté également, un congé de un jour en cas de décès de grands-parents est institué. Sur le front des cotisations aux caisses maladie, la participation patronale passe de 85 à 110 francs pour les travailleurs et de 30 à 35 francs pour chacun de leurs enfants. Côté rémunération, chaque salarié recevra une augmentation générale de 60 francs par mois. Quant aux salaires minimaux d'engagement, ils sont tous relevés de 80 francs.
Dans les ateliers, la satisfaction prévaut et plus particulièrement parmi les ouvrières. «Ce congé maternité est franchement une bonne chose», apprécie Fabienne Bessire, opératrice en salle blanche. Sa collègue Paulina Palic confirme: «C'est un "plus" qui fait du bien. Moi qui ai eu deux enfants, je sais bien qu'il faudrait même aller plus loin, avoir davantage encore de jours de congé. Mais avec ces 18 semaines, on montre le chemin, on ouvre la voie.»

Efficace collaboration
Ce résultat n'est pas tombé du ciel. Il est le fruit d'une «franche et efficace collaboration entre le syndicat et la commission d'entreprise pour mener les négociations ainsi que du travail du délégué syndical de MPS, Girolamo Manzi», souligne Teresa Matteo, secrétaire syndicale Unia en charge de ce dossier. Le président de la commission, Albino Sponziello confirme: «Nous devons souligner aussi l'ouverture de la direction. Elle n'a bien sûr pas accepté tout ce que nous aurions souhaité, mais elle n'a jamais fermé la porte au dialogue.» A l'époque des anciens propriétaires, «nous avions affaire à des financiers qui ne pensaient qu'aux bénéfices à court terme. Aujourd'hui, nous avons une manager qui est ingénieure. Elle a une véritable vision industrielle et respecte ainsi la valeur du personnel», constate Jean-François Chavanne, vice-président de la CE. «Et elle est manifestement attachée aux valeurs familiales», ajoute le secrétaire de la commission Fabrice Schwab. Le représentant à la CE de l'unité de Bonfol, Bertrand Bregnard, se félicite aussi de cette convention «qui devrait servir d'exemple à bien d'autres entreprises».
Jean-Claude Rennwald, responsable central d'Unia pour l'horlogerie et partie prenante aux négociations, considère que cette convention est à bien des égards exemplaire. «Elle est à l'avant-garde en ce qui concerne la conciliation entre le travail et la vie familiale.»


L'efficacité de l'engagement
Le cahier des revendications pour cette nouvelle CCT a été voté et approuvé par une assemblée générale du personnel et les négociations ont fait l'objet de trois séances. Si l'on bouscule un peu le rempart de sa modestie, Teresa Matteo consent à avouer que c'est elle qui a eu l'idée des 18 semaines de congé maternité. «J'ai deux enfants. En tant que maman, c'est quelque chose qui me touche. Et cela fait partie de la lutte syndicale pour l'égalité. Il y a chez MPS beaucoup de femmes qui sont dans la production et j'ai constaté qu'elles étaient très sensibles à cela.»
Le délégué syndical Girolamo Manzi souligne le rôle majeur que représente l'engagement syndical pour aboutir à la conclusion d'une telle CCT. «On ne peut rien obtenir sans se battre. Ceux qui ne sont pas syndiqués doivent comprendre que sans l'engagement de leurs collègues, les choses n'avanceraient pas toutes seules. Nous devons sans cesse rappeler les valeurs de la solidarité.» Syndicaliste très actif depuis 37 ans, cet homme est connu pour être de tous les combats en faveur de la justice sociale. «Mais je sais aussi respecter les employeurs qui se montrent corrects, ce qui est le cas ici.» Le président de la commission d'entreprise, Albino Sponziello, approuve: «Avoir des bonnes conditions de travail pour les employés, c'est aussi dans l'intérêt de l'employeur, cela est plus motivant.»

Pierre Noverraz


 

Edition n° 50 du 12 décembre 2007

 
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