Migros Porrentruy dans le collimateur du syndicat
Unia intervient pour dénoncer le climat de peur que fait régner le nouveau gérant. Et conteste un licenciement abusif

Vexations, remarques désobligeantes, brusques changements d'affectation : le nouveau gérant de Migros à Porrentruy est accusé par une partie du personnel de faire régner dans le magasin un climat détestable. Exemple cité par une vendeuse dans Le Quotidien jurassien, « Il ne veut plus des « moches », des « grosses » ou des « vieilles » aux caisses » et « les vendeuses sont déplacées comme des pions ». Mandaté par des employées, le syndicat a organisé, début novembre, une séance d'information pour le personnel. « Le gérant a eu le culot de venir contrôler qui y participait », déplore Achille Renaud, chargé de ce dossier à Unia Transjurane. Ce dernier espérait régler le problème dans la sérénité avec le responsable régional de Migros à Bâle. « Il m'avait promis une rencontre au début de ce mois et j'attends toujours »...

Un piège grotesque
Las, Unia a passé à l'action. Vendredi matin, trois permanents du syndicat sont devant le magasin. Deux d'entre eux distribuent aux vendeuses un questionnaires leur demandant si leurs conditions de travail sont aussi acceptables que ne le prétend le gérant. Furieux ce dernier expulse les syndicalistes et appelle la police pour les chasser de l'entrée du magasin où, bravant l'injonction, ils restent résolument rivés. Dépêché sur les lieux, un policier s'entend répondre que le lieu est public, une allégation farfelue qu'il est cependant prié d'aller vérifier au cadastre. Le temps qu'il s'exécute, les syndicalistes ont tout loisir de finir leur tractage et de donner aux clients une rose qu'elles sont invitées à remettre au employées.
Une page sombre s'ajoute à ce feuilleton. Le 10 décembre, une jeune vendeuse trouve un porte-monnaie dans le stock de pain. « J'ai pensé qu'il s'agissait de celui du livreur, je lui ai téléphoné à Bâle mais il ne répondait pas. En attendant de le remettre à ma cheffe qui devait bientôt arriver, je l'ai mis dans mon sac à main, je ne voulais pouvais par le laisser traîner ». Ce qu'elle ignore c'est que ce porte-monnaie est un piège tendu par le géant ! Elle est convoquée au bureau, accusée de vol et licenciée avec effet immédiat. « Cette méthode est odieuse », dénonce Achille Renaud. Unia conteste ce licenciement devant la justice. Pour le reste syndicat est prêt à rencontrer la direction pour « établir un processus de communication respectueux du droit des employés ».

P.N.


 

Edition n° 51/52 du 19 décembre 2007

 
Imprimer l'article
 
Haut de la page