Les pharmaciens jouent aux apothicaires

Manif à Lausanne le 19 décembre. Assemblée générale à Genève le 15 janvier. Les temps sont difficiles pour les assistantes en pharmacie qui font face à des employeurs qui, s'ils prétendent être davantage que des commerçants, se comportent avec leur personnel comme s'il n'était bon qu'à encaisser les sous des clients et leur propre dédain.
Ainsi, si plus de 400 assistantes en pharmacie vaudoises ont signé une pétition, si une cinquantaine de ces femmes très qualifiées ont bravé le froid, le soir du 19 décembre, c'était pour protester contre la décision prise par les employeurs de rompre les négociations en vue de signer une convention collective. Un tel texte permettrait non seulement d'unifier les conditions de travail mais aussi de relever le salaire, uniquement conseillé, de 3450 francs à l'engagement. La pétition en poche, les employeurs qui prétendaient qu'Unia n'est pas représentatif des assistantes, alors même qu'il a été mandaté par l'Association vaudoise des assistantes en pharmacie, doivent maintenant trouver un autre prétexte s'ils souhaitent persister dans leur refus de négocier.
Dans le canton de Genève, où existe une convention collective, la grogne des assistantes provient de l'échec des négociations sur les salaires 2007. Alors que le syndicat revendiquait 4% sur les plus bas revenus, les pharmaciens ont proposé 0,6% puis... 0,3%. Un round de négociation supplémentaire et il aurait été demandé aux assistantes de se cotiser pour le patron!
Les pharmaciens genevois prétextent la baisse des coûts des médicaments et le «boom» des génériques pour justifier leur pingrerie. Et ils ne sont pas les seuls puisque à Genève, les assistantes médicales sont, elles aussi, en lutte contre une baisse des salaires et la prolongation du temps de travail. Moralité: Il n'y a que nos primes maladie qui se portent bien dans le secteur de la santé.

SB

 

Edition n° 1/2 du 10 janvier 2007

 
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