Cent francs sur les chantiers valaisans
Le Valais se distingue: l'augmentation est obligatoire

Un montant à trois chiffres sinon rien: voilà la ligne défendue par Unia Valais dans le cadre des discussions salariales menées à la fin de l'année dernière avec les entrepreneurs du canton. Pas gagné d'avance, les propositions de l'Association valaisanne des entrepreneurs (AVE) oscillant plus volontiers entre septante et nonante francs et ce, en fonction des qualifications des intéressés. Refusant toute discrimination entre les travailleurs, Unia s'est aussi démarqué des Syndicats chrétiens interprofessionnels du Valais prêts, pour leur part, à entrer en matière sur une augmentation inférieure à cent francs. «Les patrons de l'AVE n'ont toutefois pas voulu courir le risque de signer avec ce seul partenaire» déclare Jeanny Morard, secrétaire régional d'Unia précisant que, dans le cas contraire, des problèmes se seraient aussi posés pour trouver des arrangements sur les questions encore en suspens des horaires de travail et de la retraite anticipée. Au final, l'obstination du syndicat s'est avérée payante. «Tous les travailleurs du bâtiment touchent, depuis ce mois-ci, cent francs de plus. Nous avions également le souci de ne pas nous désolidariser des revendications nationales, même si elles n'ont pas abouti.»

Paradoxal...
Conclu cette semaine entre les différentes parties, cet accord offre aussi l'avantage d'éviter un vide conventionnel en terres valaisannes. Pour mémoire, la Société suisse des entrepreneurs (SSE) avait, à la fin de l'an passé, claqué la porte des négociations nationales. Défendant l'idée d'une hausse de salaire de 1% pour tous et d'un 0,5% supplémentaire au mérite, la SSE s'était finalement bornée à émettre des recommandations, laissant aux patrons toute latitude d'agir à leur guise. Une attitude qui a étonné Jacques Robert, membre du comité directeur d'Unia. «Cette année, la SSE s'est satisfaite de simples recommandations alors, qu'en général, elle se positionne en faveur de décisions rendues de force obligatoire par le Conseil fédéral. La SSE fait comme si la concurrence déloyale ne la dérangeait plus. C'est paradoxal.»
Quoi qu'il en soit, si Jacques Robert juge l'accord valaisan éloigné des objectifs syndicaux initiaux, il l'estime tout de même bienvenu: «L'augmentation valaisanne est plutôt basse mais c'est la moins mauvaise des solutions car, obligatoire, elle est accordée à tous, dans toutes les entreprises. La situation est dès lors sous contrôle.»

Sonya Mermoud

 

Edition n° 3 du 17 janvier 2007

 
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