Une Muraille en pleine ville
Les travaux se poursuivent à la mission de Chine à Genève. Les voisins craquent, le syndicat enquête

Ils sont une trentaine, quarante peut-être, à détruire pour reconstruire les intérieurs de l'un des immeubles de la mission de Chine aux Pâquis à Genève. Les travaux ont débuté le 20 novembre et rendu la vie impossible aux voisins qui vivent dans l'immeuble contigu. A bouts de nerfs, en larmes toute la journée, après des semaines passées dans un vacarme infernal, certains locataires ont dû trouver refuge chez des amis, de la parenté. Toutes leurs démarches en vue d'entrer en contact avec l'ambassadeur sont restées infructueuses. Seul geste de bonne volonté adressé aux voisins, après plusieurs expulsions manu militari du chantier, une carte de vœu pour l'année 2007...
Les premières semaines, le travail se poursuivait le samedi, parfois le dimanche à coups de masses et de grosses perceuses. Les ouvriers ont travaillé toute la journée le dimanche 31 décembre et rempilé à 8 heures le 1er janvier. Dans un appartement, plusieurs vitres fendues témoignent de la violence des travaux. Voilà pour les locataires qui n'ont trouvé personne pour les défendre...

Qui sont-ils?
S'il n'est pas inhabituel que les ambassades recourent à des concitoyens pour effectuer des travaux - la peur des espions - Unia s'est tout de même emparé de cette affaire, car immunité diplomatique ou pas, certaines lois devraient être respectées: «Sans trop se faire d'illusions sur leur volonté d'être défendus par nous, explique Alessandro Pelizzari, nous aimerions bien connaître les conditions de travail de ces ouvriers, leurs couvertures sociales, leurs conditions de vie.» Unia a ainsi écrit aux autorités cantonales et fédérales pour en savoir davantage, sans réponse pour l'instant.
La nouvelle recrue d'Unia à Genève précise aussi que le syndicat ne livre ni une traque aux Chinois, ni à la Genève internationale: «Il ne faudrait juste pas que ces ouvriers soient traités comme le sont les voisins du chantier et parfois le personnel des ambassades.» Pour que le syndicat et les voisins se rassurent, le mieux serait que la Chine leur ouvre ses portes. Pour vérifier que les ouvriers ne dorment pas sur le chantier dans de mauvaises conditions, pour savoir s'ils peuvent sortir de la mission leur journée de travail achevée et pour discuter des revendications des habitants du quartier.   

SB



 

Edition n° 4 du 24 janvier 2007

 
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