Travaille et tais-toi!
Le sociologue français Robert Castel a livré à Berne son analyse de la précarisation du monde du travail.

Le monde du travail se trouve dans un profond processus de transformation. Les rapports stables du travail salarié cèdent de plus en plus la place à des rapports de travail précaires (contrats à durée déterminée, travail intérimaire ou sur appel, etc.) Pour Robert Castel, la maîtrise de l'insécurité professionnelle passe par des réponses collectives.
Le sociologue français est intervenu le 26 janvier à Berne au Forum Caritas consacré au thème : « C'est de ta faute ! Responsabilité individuelle dans l'Etat social moderne ». Ci-dessous de larges extraits de son intervention.


Ce dont je vais vous parler renvoie à des processus génériques qui traversent l'ensemble de la planète, c'est le cas pour ce qu'on appelle la mondialisation, en affectant différemment les pays. Ces dynamiques sont à l'origine d'une précarité croissante. C'est-à-dire qu'il y a de plus en plus de situations de travail instables, provisoires, dans lesquelles les individus sont plus ou moins contraints de vivre au jour le jour, comme on le faisait autrefois sans la certitude des lendemains. La précarité est en train de devenir aujourd'hui une sorte de condition permanente. Il y a un précariat dans lequel des gens s'installent et n'en sortent pas. Ce qui nous conduit à nous interroger sur l'idée que nous nous faisons du salariat. Le salariat était devenu un état stable auquel étaient rattachées des professions et des droits forts. Ce type de salariat est en train de perdre ses prérogatives avec l'institutionnalisation de nouvelles formes de travail qui se situent en dehors ou en deça de ce salariat à part entière. Le précariat deviendrait une forme reconnue, en quelque sorte officialisée de l'organisation actuelle du travail. A partir de ce constat je pousse à bout un raisonnement qui repose sur des orientations actuelles de la recomposition du travail. Je vais vous présenter une transformation du marché du travail qui me paraît aller de la précarité vers le précariat entendu comme une sorte d'institutionnalisation de la précarité qui concerne plus seulement des situations plus ou moins marginales, mais qui s'installeraient comme une sorte de couche reconnue de l'organisation du travail. Pour comprendre la spécificité de la situation, il faut rappeler rapidement celle qui l'a précédée. Parce que ce qui se joue en ce moment est, me semble-t-il, une dégradation d'un statut de l'emploi qui a été hégémonique en Europe occidentale durant la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale jusqu'au milieu des années 70. Si on replace la précarité dans une perspective historique, cela n'est pas du tout quelque chose de nouveau. Elle a été le lot séculaire de la majorité de ce qu'on appelait autrefois le peuple, et en particulier de la majorité des travailleurs.

De plein emploi à la crise
Cette situation a été pour l'essentiel effacée dans le cadre de la société salariale qui s'est épanouie après la Seconde Guerre mondiale. Parler de société salariale c'est parler d'une société dans laquelle la situation des travailleurs est devenue cette condition solide à laquelle sont rattachées des professions et des droits qui peuvent lui assurer une certaine indépendance économique et sociale. Avoir un emploi ce n'est pas seulement avoir un salaire, c'est avoir des droits. Le droit du travail protège contre l'arbitraire patronal, il donne droit à la protection sociale comme le droit au chômage en cas d'interruption de travail, le droit à la retraite qui assure un revenu de base lorsque l'on devient trop vieux pour pouvoir continuer à travailler. Cela veut dire que le travailleur s'était construit des droits par son travail et ces droits sont garantis par le statut de l'emploi. Ce qui fait que le travail n'est plus une pure marchandise, le salariat demeure un rapport de subordination, un salarié ça ne travaille pas seulement pour lui-même, c'est le patron qui empoche une part des bénéfices, mais désormais il travaille aussi au moins pour une partie pour lui-même. Une partie de son travail lui revient sous la forme de protections, c'est ce que l'on appelle d'ailleurs le salaire indirect et qui finance les protections rattachées au travail. On pourrait dire donc que le statut de l'emploi est une sorte de compromis social entre les intérêts des employeurs et du marché d'une part, le travailleur accepte de se plier aux exigences de la production, de la compétitivité des entreprises, mais en contrepartie il bénéficie d'un certain nombre de garanties en termes de sécurité et de protection. C'est un compromis qui est sans doute un peu boiteux comme le sont tous les compromis, qui n'excluait pas les luttes et les conflits, mais qui avait fondamentalement changé la condition des travailleurs. Pour le comprendre il suffirait de comparer ce qu'était la situation du prolétariat au début du 19e siècle, c'est-à-dire complètement misérable et complètement exploité et ce qu'était devenu un salarié moyen dans les années 1960 parce que bénéficiant en général non seulement d'un salaire garanti mais justement de ces protections et de ces droits. Et donc, dans ce contexte, presque tout le monde disposait des conditions de base de son indépendance sociale sur la base d'un travail stable. Je dis presque tout le monde, parce qu'il demeurait des situations précaires aux marges de ce statut de l'emploi. Et dès 1971, un auteur américain4 a analysé ce qu'il a appelé un marché secondaire du travail, caractérisé par la précarité de l'emploi et par des baisses de salaire. Cela se passait aux Etats-Unis. En Europe cette situation était tout à fait marginale et on pensait en général qu'elle allait se résorber avec la poursuite du progrès économique et social. La précarité apparaissait ainsi résiduelle. Tandis que l'emploi stable avait une position quasi hégémonique sur le marché du travail. Aujourd'hui on peut parler d'une grande transformation par rapport à cette situation qui a fait sentir ses effets à partir du milieu des années 1970, au moment où on a commencé à parler de crise, qu'on a pensé d'ailleurs provisoire dans un premier temps en attendant la reprise qui ne tarderait pas à arriver. Les manifestations principales de cette « crise » c'était le chômage de masse et la précarisation des relations de travail. Par exemple en France en 1970 il y avait 350'000 chômeurs. Le seuil des 3 millions de chômeurs a été atteint en 1992, représentant donc plus du dixième de la population active.

La précarité : du provisoire qui dure
Parallèlement à cette montée du chômage, on a assisté à la montée des emplois précaires : contrats à durée déterminée, travail ad intérim, travail à temps partiel, etc. Mais pendant longtemps, peut être d'ailleurs pendant trop longtemps, l'on a persisté à penser cette situation comme provisoire. Et je crois que c'est peu à peu que l'on a pris conscience qu'il y avait là quelque chose qui correspondait au nouveau régime du capitalisme dans lequel nous sommes entrés. Nous sommes sortis du capitalisme industriel et de ses formes et contenus sociaux et nous sommes entrés dans un nouveau régime de capitalisme, plus agressif, celui qui s'ouvre à la concurrence exacerbée au niveau mondial. C'est à cette situation nouvelle que nous avons à faire face.
Ce que je vous soumets en partie comme une hypothèse c'est que pour comprendre ce qui arrive de nouveau depuis quelque temps, depuis plus d'un quart de siècle d'ailleurs, il faut peut-être reconsidérer ce qu'il faut entendre aujourd'hui par chômage et par précarité. Sur le chômage d'abord. La conception classique du chômage se pense sur le fonds du plein emploi. Un chômeur c'est quelqu'un qui est privé d'emploi qui est à la recherche d'un emploi mais pas n'importe quelle activité. Il recherche un travail qui correspond à une tâche précise à accomplir, à une qualification qui figure sur la nomenclature des emplois. Ainsi, le chômage est sensé être une période de sans emploi avant de retrouver un emploi. Il se peut que cela dure quelque temps, alors là on a une crise. Mais cela ne remet pas en question cette sorte de complémentarité entre chômage et emploi. Peut-être que cette lecture n'est plus exactement adaptée à la situation actuelle. Je formule l'hypothèse qu'il pourrait y avoir du non emploi qui ne serait pas exactement du chômage. C'est-à-dire qu'il y aurait des gens en situation d'inactivité et qui ne seraient pas susceptibles de trouver ou de retrouver un emploi à plein temps et protégé. Cela voudrait dire que la dynamique actuelle du capitalisme est incapable de créer le plein emploi. Elle n'a pas restauré le plein emploi. Cette grande transformation que j'ai évoquée s'est ternie par la présence de millions de personnes dans le non emploi. Ainsi il semble que lorsque elle est laissée à elle même, la gloire économique de l'offre et de la demande est actuellement incapable de créer le plein emploi au sens fort du mot. Parallèlement à ce non emploi de masse, on assiste à la multiplication d'autres formes d'emplois. D'abord ceux que l'on appelait atypiques : contrats à durée déterminée, intérim, temps partiel qui en France sont encore minoritaires en termes de socle, comme disent les économistes, parce qu'il y a encore 60% d'emplois à contrats à durée indéterminée. Par contre si l'on prend l'entrée dans le monde du travail, il y a à peu près 75% des gens qui entrent dans le marché du travail sous l'une de ces formes dites atypiques d'emploi. En 2002 en France, il y avait 16% des salariés du secteur public qui travaillaient dans des situations précaires.

Stratégie délibérée ?
Tout ceci nous invite à redéfinir ce qu'il faut entendre par précarité. Le chômage à ses débuts avait été pensé comme un mauvais moment à passer. On pourrait rappeler que beaucoup de ces mesures type contrats à durée déterminée sont présentées comme des transitions vers l'emploi durable. Mais malheureusement l'expérience démontre que ce n'est pas ce qui arrive. Et d'ailleurs on pourrait se demander s'il n'y a pas comme une sorte de stratégie derrière cela. Parce que si il y a un déficit d'emplois, au sens plein du mot, on peut rogner sur cette masse de non emplois en remplaçant une partie de l'emploi par du sous-emploi. Et il semble que c'est ce à quoi on assiste actuellement. Il y a une certaine réduction du chômage en France depuis à peu près un an et cette réduction ne se fait pas pour la majorité des cas par la création du plein emploi, mais par l'accès à ces formes de contrats atypiques. Ce que je voudrais donner à discuter, c'est le fait que la précarité des situations de travail a cessé d'être un phénomène résiduel, elle serait plutôt un domaine à part entière de l'organisation du monde du travail dont le développement pourrait correspondre à une stratégie délibérée. Et si on fait un pas de plus dans mon raisonnement, si l'on prend au sérieux ce fait qu'il y a du non emploi de masse, c'est à dire que le fonctionnement ordinaire du marché du travail ne crée pas le plein emploi, on peut en tirer au fond deux conséquences, deux implications très différentes. Ou bien on accepte et on se résigne au fait qu'environ un dixième de la population active n'a pas de travail, ce n'est pas impossible de tirer cette conclusion, mais c'est extrêmement dangereux, c'est une fracture sociale au sens fort du mot ; ou bien on s'efforce de réduire cette masse de non emploi en mettant un maximum de gens au travail mais sous des formes qui ne pourront pas être celles de l'emploi canonique. Autrement dit, on déconstruit l'hégémonie du statut de l'emploi en institutionnalisant des activités qui sont en deça de cette forme d'emploi. C'est ce à quoi on assiste actuellement. On constate en effet depuis quelques années une extraordinaire pression pour mettre tout le monde au travail. Ce qui pourrait sembler paradoxal alors que, apparemment, il y a un manque de travail. C'est dans ce contexte qu'il y a eu une polémique d'une grande violence contre la loi Aubry sur les 35 heures. Des attaques hystériques contre cette loi accusée de faire de la France un pays de fainéants. « La France ne sera pas un parc de loisirs » disait l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Et en même temps on constate qu'on stigmatise les chômeurs accusés de ne pas vouloir travailler, comme s'ils étaient des chômeurs volontaires, et qu'on combat les bénéficiaires de l'aide sociale qui seraient des profiteurs qui vivraient au crochet des gens qui travaillent. Autrement dit, le travail est devenu une sorte d'impératif catégorique. Si on ne travaille pas, on est un oisif, un fainéant, un parasite. Mais alors, s'il faut que tout le monde travaille, ça implique qu'il ne faut pas être trop exigeant sur les conditions de travail. En somme, si je pousse un peu loin : « Travaille et tais-toi ! Tu as la possibilité de travailler, estime-toi heureux et tu es ainsi quelqu'un d'utile et de respectable même si ton travail ne te donne pas les conditions minimales pour une indépendance économique et sociale. » Et, effectivement, depuis quelques années, on s'est remis à parler de travailleurs pauvres. Ce qui, à l'échelle du demi siècle, est quelque chose de nouveau. Parce qu'il y avait évidemment toujours des travailleurs pauvres mais c'était le fait de quelques personnes et ceci grâce à l'hégémonie du statut de l'emploi qui assurait au moins un salaire relativement décent, ce que l'on appelle en France le Smic, et des protections sociales. Aujourd'hui on constate qu'il y a des travailleurs pauvres, c'est-à-dire qu'il y a un déficit de plein emploi et que l'on maintient en même temps l'impératif du travail pour tous et que l'on peut sortir de cette tension pour ne pas dire de cette contradiction en ouvrant une gamme d'activités qui ne seraient pas des emplois au sens fort du terme. De sorte que l'on pourrait dans une société de pleine activité, c'est-à-dire où tout le monde ferait quelque chose qui ne serait pas une société de plein emploi, institutionnaliser des activités précaires et mal rémunérées.
Voilà le raisonnement que j'ai essayé à pousser jusqu'au bout en durcissant un peu les choses, parce que cela n'implique pas que la totalité de l'organisation du travail soit colloquée sur le registre de la précarité. Et il subsiste et il subsistera sans doute des secteurs plus ou moins larges d'emplois protégés. Néanmoins, si l'on pousse le raisonnement à son terme l'on voit qu'il y a le risque d'une subversion profonde de la structure même de la société salariale dans laquelle nous étions, qui n'était pas une société d'égalité, parce qu'il y avait des différences considérables entre les différents statuts professionnels, différences considérables pas seulement de revenus mais aussi de prestige et de pouvoir entre un ouvrier qualifié et un cadre par exemple, mais néanmoins ils avaient une protection forte du droit du travail, cela s'appliquait à tous, de l'ouvrier au cadre supérieur. Cela n'en faisait pas des égaux mais donnait à chacun un minimum de ressources et de droits ; au fonds ils partageaient une commune condition, la condition salariale prescrite par le statut de l'emploi. Avec l'institutionnalisation du précariat, on sort de ce concilium de position à travers une remarchandisation des rapports de travail. On va vers des situations très précaires et faiblement protégées par le droit du travail ou alors on va vers les salaries de luxe des grands managers, des footballeurs avec des contrats de travail pouvant aller jusqu'à 5 millions d'Euros par mois, c'était le cas de Zinedine Zidane l'année dernière au Real de Madrid. La différence entre la situation d'un jeune précaire et Zidane c'est une illustration d'une situation qui n'est même plus de l'inégalité mais de la toute puissance du marché. Et, ce qui s'érode, et qui à la limite disparaîtrait, c'est cette espèce de canon non marchand de la relation salariale, encore une fois je le répète, un droit du travail et une protection sociale garantis par le statut de l'emploi.

L'insécurité sociale permanente
Face à cette situation il faudrait observer de plus près cette zone de précariat. Je me permets de poser deux petites questions. Quelles en sont les formes ? Et, surtout, comment vit-on dans ce genre de situations ? Car la pauvreté ce n'est pas seulement la faiblesse des ressources économiques, loin de là, c'est un ordre de vie marqué par l'incertitude des lendemains, l'impossibilité de maîtriser quelque peu son existence, l'insécurité sociale permanente, l'impossibilité de participer normalement au circuit des échanges sociaux, tout ça c'est remplacé par la maladie, par la violence, par la délinquance, etc. Et c'est sur ces aspects là qu'on peut greffer la question du Forum Caritas d'aujourd'hui qui demande « Est-ce de ta faute ? ». Personnellement je répondrais non, en tout cas dans la plupart des cas, parce que l'on aperçoit bien que ce sont les choix économiques qui sont à l'origine de cette situation, et s'il y a eu plus de trois millions de chômeurs en France en 1992 contre 350'000 en 1970, cela ne signifie sans doute pas qu'il y a eu tout d'un coup trois millions de fainéants en plus en France. Donc pour la plupart de ces gens là, ce n'est pas de leur faute.
Mais je crois qu'il faut aussi s'interroger sur les raisons qui poussent aujourd'hui beaucoup de gens à dire « oui c'est de ma faute », sur cette culpabilisation des chômeurs et de toutes les personnes qui sont en situation difficile et qui se trouvent invalidés par cette sorte de survalorisation du travail que j'ai évoqué. On culpabilise ceux qui ne travaillent pas, ce que personnellement je trouve injuste, ça consiste dans la plupart des cas à blâmer les victimes. Il faut constater qu'il y a une pression qui s'exerce sur les gens qui sont dans ces situations difficiles, qui ont souvent peu de ressources, qu'ils sont au chômage ou à l'aide sociale, dont la qualification est souvent faible, et on leur demande beaucoup. On leur demande de se responsabiliser, de se mobiliser, de faire un projet, de changer leur cadre de vie, des choses que l'on demande rarement, en tout cas pas tous les jours, à ceux qui sont bien installés dans la vie sociale. Dans notre société on demande beaucoup, et souvent on demande plus à ceux qui ont peu. Et s'ils échouent on les culpabilise. Il y a là un paradoxe qui mérite réflexion. Et c'est pour cela que l'expression de liberté risquée me paraît très suspecte parce qu'il me semble qu'il y a beaucoup plus de contrainte que de liberté dans ces situations.

Sécuriser non plus l'emploi, mais les parcours professionnels
Il y a une autre question qui mériterait d'être posée. Est-il possible de mettre des barrières à cette extension de la précarité ? C'est une question très difficile et qui n'est pas possible de traiter en 5 minutes. Il n'y pas de raisons irréversibles dans cette situation. Il y a des exigences fortes qui sont nées de la concurrence exacerbée dans une économie mondialisée qui vont dans le sens d'une mise en compétitivité du monde du travail, d'où la nécessité de faire face aux changements incessants. Et dans cette conjoncture, il est impossible de maintenir en l'état la structure de l'emploi à vie comme le modèle hégémonique de l'organisation du travail. Alors, l'une des possibilités serait de rattacher les protections et les droits à la personne du travailleur lui-même et plus seulement au statut de l'emploi comme c'était le cas. De sorte que le travailleur garderait ses droits, des droits, en période de non emploi, il pourrait alors se former pour être capable de changer d'emploi. Ce serait un moyen de constituer des sécurités. Il y a en France un débat très intéressant mené par certains syndicats et par certains politiques sur la sécurisation des parcours professionnels, sur une sécurité sociale professionnelle. C'est à mon avis le grand défi que nous aurons à relever pour essayer de combattre cette dynamique de précarisation dont les conséquences risquent d'être désastreuses.


 

Edition n° 6/7 du 7 février 2007

 
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