Au Danemark, la caisse unique est un succès
Une seule caisse maladie, c'est possible . Et ça coûte moins cher !

Objectivement, pour l'assurance maladie obligatoire, tout parle en faveur d'une seule caisse au lieu des 87 existantes. Car la concurrence entre les caisses relève du mirage. Comme il s'agit d'une assurance sociale, tous les assurés doivent avoir droit au même, et bon, catalogue de prestations. L'exemple du Danemark prouve que c'est réalisable.

Quatre-vingt-sept caisses, c'est beaucoup de bureaucratie, des frais de publicité élevés et un manque de transparence. Les changements de caisses sont en outre économiquement absurdes, car chaque changement coûte mille francs. L'exemple du Danemark nous montre qu'il existe de meilleures solutions. Dans ce pays, le secteur de la santé est public et ne comporte qu'une seule caisse maladie. Revenant d'un voyage d'étude au Danemark, deux médecins suis¬ses en arrivent à la conclusion que la caisse unique a permis, ce qui les a étonnés, d'améliorer le climat entre assureurs et médecins. Ces médecins soulignent que le Danemark semble avoir remplacé les bagarres entre autorités, assurances et médecins - auxquelles on assiste aussi en Suisse - par un système de partenariat*. Le Danemark est connu pour la qualité de sa médecine ambulatoire et son avance en matière de technologies de l'information et de la communication. La médecine exercée par les médecins de famille y joue un rôle essentiel. Ceux-ci ont une fonction de «gardes-barrières» (ou «gate keeper», c'est-à-dire qu'ils soignent les patients puis les orientent éventuellement vers un spécialiste ou l'hôpital) et travaillent la plupart du temps dans des cabinets collectifs. Le degré de satisfaction des patients est élevé, comme le confirment des sondages réalisés à intervalles réguliers.

La Suisse, mauvais élève
Le système de santé danois est financièrement plus avantageux que le système suisse. Ainsi, les Danois consacrent 9% du Produit intérieur brut (PIB) à la santé, les Suisses 11,5%. Une comparaison internationale de l'évolution des dé¬penses de santé, réalisée par l'OCDE, fait apparaître que le système suisse n'est pas efficient. En 1980, notre pays se trouvait au milieu du peloton en ce qui concerne la part du PIB repré¬sentée par les coûts de la santé. Depuis, cette part a fortement augmenté en Suisse comme aux Etats-Unis. En 2002, avec 11,1%, la Suisse occupait la 2e place der¬rière les USA.
Quelques pays, comme l'Autriche qui a un système de caisses uniques par branche, sont restés au milieu du peloton. Les cas suédois et danois sont frappants: la part de PIB re¬présentée dans ces pays par la santé n'a pas augmenté, voire même a diminué. Il s'agit là d'indications claires quant à la possibilité de contrôler les dépenses de santé par rapport au PIB, pour autant que l'on se dote d'une forme d'organisation adéquate.
Les chiffres de l'OCDE montrent aussi que la part du PIB a plus fortement augmenté ces 20 dernières années dans les pays où le financement public est restreint. Par contre, là où le financement public est important, les systèmes de santé apparaissent mieux en mesure de contrôler l'évolution de leurs dépenses.

Des arguments objectifs pour la caisse unique
Grâce à une seule caisse maladie, il n'y aura pas de sélection des risques. Les frais d'administration diminueront aussi. Et il sera plus facile de procéder à des contrôles et des évaluations de la qualité et de l'efficience, car tous les fournisseurs de prestations seront sous contrat auprès de la même caisse. En décidant de créer une caisse unique, on prendra une décision de principe: la couverture efficace de la popu¬lation en soins médicaux de grande qualité continuerait en effet à relever des pouvoirs publics. Ces derniers auraient à prendre en main la planification hospitalière et à déve¬lopper les réseaux de santé ainsi qu'à assumer la responsabilité du contrôle tant de leurs coûts que de la qualité de leurs prestations. La responsabilité sur ces questions serait ainsi clairement établie au profit d'un système de santé efficient. Il ne serait donc plus possible, comme c'est le cas aujourd'hui, que les pouvoirs publics et les assurances se renvoient cette responsabilité.
N'en déplaise à Monsieur Couchepin, une caisse maladie unique et sociale n'est pas un «monstre antidémocratique», mais au contraire une solution démocratique et judicieuse. C'est précisément pour cela qu'un OUI dans les urnes le 11 mars prochain apportera des avantages clairs pour les personnes assurées.

Natalie Imboden, secrétaire centrale USS/L'ES



Les caisses poursuivent leur campagne avec nos primes!

Procédé illégal et mensonges, rien ne les arrête pour protéger leur business lucratif

Dans leur campagne de votation contre la caisse unique et sociale, les conglomérats de caisses maladie, leurs lobbyistes au Parlement, et leur association faîtière Santésuisse n’ont pas peur pour rien. Usage abusif des primes, promesses irréalistes et tactique de l’épouvantail avec leur modèle de calcul de primes mensonger sont leur pain quotidien. Au contraire, le modèle du comité d’initiative publié sur le site Comparis démontre que la grande majorité des assurés peuvent s’attendre à des baisses de primes.

Ne tenant aucun compte d’un avis de droit indépendant, les managers des caisses continuent à mener une campagne de votation illégale, que ce soit avec des envois de masse, dans leurs journaux ou sur leurs sites internet. L’Helsana par exemple a envoyé à ses assurés un courrier, financé par les primes, contre la caisse unique. Ces manigances sont couvertes par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), dont le chef est Pascal Couchepin, ancien administrateur du Groupe Mutuel. Ce même Couchepin qui promet à la population des augmentations de primes de seulement 2% ces deux prochaines années, alors que même les experts des opposants à la caisse unique estiment que c’est totalement irréaliste.

Un changement de système s’impose
Les managers des caisses veulent protéger leur business lucratif et masquer les avantages évidents d’une caisse unique: une telle caisse permettrait d’économiser des centaines de millions de francs en frais administratifs. Les comparaisons internationales (p. ex. Danemark, Autriche) prouvent qu’une caisse maladie unique sous surveillance de l’Etat peut travailler à des coûts moindres que les caisses privées. Avec une caisse unique, les démarches et processus seront unifiés, rendant d’un seul coup 87 directeurs, 87 conseils d’administration, 87 départements de marketing, 87 systèmes informatiques différents, etc., superflus. Les compensations de risques coûteuses et compliquées seront tout aussi inutiles, de même que les changements de caisses absurdes.
La caisse unique mettra un terme à la chasse aux bons risques menée actuellement par les caisses avec l’argent des primes de l’assurance de base obligatoire. Elle apportera enfin un peu de clarté dans la jungle des offres et des formulaires, face auxquels les personnes âgées sont particulièrement démunies. Ce n’est pas non plus par hasard que les médecins de famille, les assistants et les médecins chefs, le personnel soignant ou encore l’association des physiothérapeutes, qui sont confrontés tous les jours au système actuel, se prononcent clairement en faveur d’un changement de système.

Financement social et réaliste
L’initiative aspire également à inscrire le principe du financement social des primes au niveau de la Constitution. Le modèle publié sur Comparis s’appuie sur une proposition pragmatique et simple d’application du comité d’initiative: le montant de 3,2 milliards, dédié actuellement aux subsides pour l’assurance maladie et qui bénéficie à environ 30% de la population, doit être augmenté afin que les deux tiers de la population puissent jouir de réductions de primes.

Unia/L’ES



150 000 personnes exclues des soins

Quelque 150 000 personnes sont exclues des soins par leur caisse maladie. Dans un communiqué, le Parti socialiste suisse dénonçait, le 7 février dernier, le fait que depuis le début de 2006, en raison d’une modification de la LAMal souhaitée par les assureurs, les caisses n’ont plus l’obligation de rembourser les médicaments ou le médecin des personnes qui n’arrivent plus à payer leurs primes et leurs factures et sont mises aux poursuites. «Cette disposition frappe des personnes disposant d’un revenu faible à moyen, souffrant souvent d’une maladie chronique», écrit le PSS.
«Cet état de fait est tout simplement inconstitutionnel!» s’indigne le PSS en vertu du caractère obligatoire de l’assurance maladie. Il entend résoudre au plus vite ce problème, qui sera discuté à la commission de politique sociale du Conseil national le 22 février.
«Voulue par Santésuisse, cette évolution démontre aussi que les caisses maladie n’ont aucun intérêt à développer un système de santé de qualité offrant des prestations de base pour tous. Elles ne sont pas en mesure d’assumer la tâche publique de l’assurance maladie obligatoire, qui devrait être confiée à UNE caisse maladie sociale fonctionnant sur le modèle de l’AVS», ajoute le PSS.

L’ES




 

Edition n° 8 du 21 février 2007

 
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