Deux films à découvrir...

Les trois brigands - Hayo Freitag - Allemagne

Sortir un dessin animé au vrai sens du terme - 24 dessins à la seconde, faits à la main - alors que la concurrence américaine est intense, dominée par une frémissante abeille, ce n'est peut-être pas très subtil quand on n'a pas un sou ou presque pour la promotion. Le pot de terre se heurte au pot de fer. Mais le pot de terre et sa fantaisie valent mieux que le pot de fer et sa perfection.

C'est à un conteur l'on doit texte et dessin de base admirés de ses lecteurs, Toni Ungerer, alsacien d'origine. Satisfait du résultat, celui-ci commente le film en français, avec un délicieux accent allemand. L'orphelinat avec ses lits alignés et son horrible sorcière de directrice tiennent du camp de concentration.

La petite Tiffany a perdu ses parents. Elle sera conduite en calèche à travers une sinistre forêt vers l'orphelinat. Elle s'enfuit dès possible, pour se retrouver auprès des trois très méchants brigands détrousseurs. Elle va les faire rêver en leur faisant croire à l'existence d'un somptueux maharajah. Elle va transformer ces brigands en délicieusement hypocrites anges gardiens Un agent de l'ordre verbalise les animaux mutins de la forêt qui défient les règles de la circulation. Les jambes de la licorne rouge, qui s'empresse de manger une lettre avant l'arrivée du facteur, se terminent en spirales.. Les chevaux qui tirent le diligence ont une démarche aérienne qui leur évite un contact trop rude avec le sol. On se croirait dans un film d'Europe centrale comme le faisaient les tchèques Zeman ouTrnka..

On peut donc admirer un produit européen artisanal, tourné à partir de dessins sans le secours de l'ordinateur perfectionniste qui finit par masquer toute fantaisie. Tiffany est presque trop harmonieuse au milieu des soubresauts des trois brigands masqués. Mais on peut admirer ici la beauté artisanale d'un produit de la culture de l'Europe centrale.



Je suis une légende - Francis Lawrence - USA

Ecrivain américain, Richard Matheson a connu un premier succès au cinéma quand Steven fit de son adaptation de Duel un de ses meilleurs films. L'idée de Je suis une légende est très forte. New-York, demain :plus un seul humain dans la ville, sauf Neville, scientifique immunisé contre une pandémie qui a frappé toute la population, sa femme et son fils y compris. Pas de survivants pour répondre à ses appels! Mais le savant continue ses travaux de recherche d'un vaccin.

Pendant les deux premiers tiers du film, Will Smith ( Robert Neville) est seul à l'écran, avec son chien parfaitement dressé. Des herbes folles ont envahi la cinquième avenue. Les voitures sont arrêtées, vides, encombrantes entre lesquelles se faufile celle conduite par Robert. Des troupeaux de cerfs ont pris possession de cette bizarre forêt qu'est devenue la grande Pomme.

Il y a bien un soupçon de vie, ne serait-ce que dans l'imagination de Robert qui croise ses proches.Sur le petit écran, une présentatrice diffuse des nouvelles en indiquant un lieu à rejoindre pour y trouver protection, hors des murs de la ville.

Des bruits bizarres, de frottements, de souffles, de pas ou d'origines mal définies meublent la bande sonore. La fin du monde se déroule nos yeux. Peut-être les malades sont-ils devenus d'horribles vampire. L'exploit de l'acteur unique qui parvient, presque muet, à faire passer une subtile et riche gamme de sentiments liés à ses actions est étonnant. Dans son discrétion, le film fascine !

Mais voilà que les zombies apparaissent. . On ne sait pas si la réapparition de la femme et du fils de Neville est imaginaire ou réelle, impossible ou plausible.Je suis une légende qui distillait avec subtilité l'angoisse par l'absence de réalisme glisse alors dans l'horreur qui veut faire peur. Comme s'il y avait deux films, l'un d'angoisse, magnifique, puis l'autre de terreur, bien trop traditionnel.

Freddy Landry

 

Edition n° 1/2 du 9 janvier 2008

 
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