Sursis douloureux pour les 40 employés de Schoeller
La fermeture du site de Schoeller Arca Systems à Romont était annoncée depuis le printemps 2007. Mais la vente est repoussée

En avril dernier, le groupe Schoeller Arca Systems annonçait la vente, puis la délocalisation de son site de production de Romont en Hollande. Face au désastre programmé, les 42 employés, soutenus par Unia, s'étaient mobilisés et avaient débrayé début mai. Si la fabrique de seaux et palettes en plastique ne pouvait être sauvée, un plan social pour l'ensemble des collaborateurs a cependant été arraché à la direction. Mais le rachat par la firme hollandaise CurTec - annoncé comme imminent en été - n'a pas eu lieu. Ni, par conséquent, la fermeture du site qui devait suivre. «Le processus a été repoussé», a confirmé le 18 décembre au quotidien La Liberté Vincent Noël, directeur général Europe du Sud de Schoeller Arca Systems: «La vente n'est pas annulée. Pas réalisée non plus. On est dans une situation incertaine.»

Incertitude inacceptable
Refusant d'en dire plus sur les raisons de ce blocage, le directeur a néanmoins précisé que la production devrait se poursuivre «encore plus de six mois» à Romont. Mais aucune assurance n'a été donnée aux travailleurs. Selon une source confidentielle, la vente buterait sur des obstacles liés à la transmission des brevets détenus par Schoeller Arca Systems. Ces difficultés pourraient tarder de nombreux mois à se résoudre, ou au contraire trouver une issue rapide si les parties trouvaient un arrangement financier. «Les employés sont laissés dans un flou complet, c'est inacceptable!», dénonce Armand Jacquier, secrétaire régional d'Unia Fribourg. Au sein de l'entreprise, les travailleurs ne savent plus sur quel pied danser. «Le doute et le fatalisme prédominent, mais ce retard a suscité une lueur d'espoir de certains quant au maintien du site à Romont.» Une espérance que le syndicaliste ne partage pas: «Il est illusoire de croire que le site va se maintenir sur la durée. Le problème se situe au niveau des négociations. Le groupe n'a, selon toute vraisemblance, pas changé de stratégie.»

Plan social maintenu, mais...
Le sursis donné au site de Romont pourrait par ailleurs entraîner des difficultés au niveau de l'application du plan social. Car la firme se refuse de verser les indemnités de départ prévues tant que la vente n'est pas conclue. Or certains employés ont déjà quitté le navire avant qu'il ne coule. D'autres suivront en prenant un emploi ailleurs avant que l'entreprise ne soit absorbée. Et, selon les négociations menées en mai avec Unia, tous les employés qui lèvent les voiles doivent toucher de 30 à 50% des indemnités prévues par le plan social, explique Armand Jacquier. Aujourd'hui, le syndicaliste craint que le retard de la vente ne soit utilisé comme prétexte par la direction pour se délier de ses engagements vis-à-vis des employés qui partent avant que la vente ne soit effective.
L'affaire illustre une nouvelle fois le peu de considération témoignée à l'égard du personnel lorsqu'il s'agit d'une affaire de gros sous...

Christophe Koessler

 

Edition n° 4 du 23 janvier 2008

 
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