Films suisses à l'affiche

Max & co
Samuel et Frédéric Guillaume

Catastrophe . on espérait au moins cent mille spectateurs en Suisse romande ; il y en aura peut-être vingt mille ! Et pourtant, au festival d'Annecy, ce premier long-métrage d'animation tourné en Suisse avait glané le prix du public ! On est donc triste, pour tous ceux qui ont œuvré à Romont durant de longs mois sur ce film ;pour la perte, peut-être, de la maîtrise dans l'animation de marionnettes articulées. On est triste pour Robert Boner, le producteur, qui a pris de gros risques, qui a su garantir un climat de liberté créatrice pour l'équipe de deux cents personnes réunie autour des frères Guillaume.

Le film est pourtant bien meilleur qu' Astérix aux JO. Il faut saluer la qualité de l'animation, l'élégance des marionnettes, le bon choix des voix des personnages, le charme des décors, la beauté de la lumière de Renato Berta qui rejoint par instants le Tissé d'Eisenstein. Le scénario présente de regrettables faiblesses.

« Max & Co » est le film le plus coûteux jamais tourné en Suisse, en co-production avec plusieurs autres pays : plus de trente millions de nos francs. Peut-être l'a-t-on trop dit puis trop répété. Peut-être a-t-on mal mis en place les unes après les autres les séquences pourtant réussies! Peut-être le public a-t-il « senti » que le film ne s'adressait à personne, un peu aux enfants, un peu aux ados, un peu aux jeunes adultes plutôt bobos, un peu aux femmes. Peut-être ! De cette formidable expérience, qu'en restera-t-il ? Des dettes? Echec et tristesse, bizarre association !


Le temps des adieux
Medhi Sahebi

Le décès de Giuseppe Tommasi est enregistré puis son cercueil mis en terre. Aucune ambiguïté, ni de surprise ! Pendant près d'une année, Medhi Sahebi, seul, accompagne celui qui deviendra son ami. Giuseppe racontera des étapes de sa vie, reverra ses enfants, évoquera son parcours, mariage, divorce, drogue, cancer. Pas une seule plainte, mais souvent une grande douleur ! Des moments de profonde sérénité, d'autres de grande tristesse. Un exemple de lucidité. Quand le malade dans son hospice dit qu'il faut bien finir ce film, une évidence éclate : ils sont deux qui viennent d'enregistrer trente heures d'images et de sons. Sahebi sera seul pour monter le film. Giuseppe semble s'endormir ; son infirmière essuie une larme discrète. Un film de réconciliation, y compris avec soi-même, dans la dignité, se termine.

Freddy Landry

 

Edition n° 11 du 12 mars 2008

 
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