Vers une solution nationale ?
Sous l'impulsion de la ministre de l'économie, les discussions reprennent entre les partenaires sociaux

L'ancien chef de la division du travail du Seco, Jean-Luc Nordmann a, sur demande de la ministre de l'économie Doris Leuthard et en accord avec les partenaires sociaux, repris sa tâche de médiateur pour trouver une solution au conflit de la construction, secteur toujours sans Convention nationale (CN) depuis le 1er octobre dernier.
Dans un communiqué laconique diffusé juste après Pâques, le Département fédéral de l'économie indique qu'étant donné «l'importance de l'existence d'une convention collective de travail nationale pour le secteur principal de la construction et le fait que l'absence de convention perdure, la conseillère fédérale Doris Leuthard a proposé à la Société suisse des entrepreneurs (SSE) et aux syndicats Unia et Syna de faire à nouveau appel à Jean-Luc Nordmann pour les aider à trouver une solution définitive au niveau national». Le communiqué ajoute que Jean-Luc Nordmann a reçu mandat des partenaires sociaux «de les accompagner dans le processus de règlement des questions encore en travers de la conclusion d'une nouvelle convention nationale». Et de préciser que les parties ont convenu de garder le silence sur le contenu des pourparlers durant toute leur durée.
Le front des entrepreneurs s'est lézardé ces dernières semaines avec les accords cantonaux signés au Tessin, en Valais, et dans les cantons de Vaud, Fribourg, Jura et Genève (voir ci-dessous) - à Neuchâtel, un tel accord a été annoncé et doit être signé sous peu. Un accord a également été passé sur le chantier des NLFA à Sedrun. A Zurich, le syndicat a proposé aux patrons du bâtiment un tel accord. Et des grèves sont prévues dès le 1er avril si ces derniers ne répondent pas positivement. Les accords signés avec les patrons romands et tessinois montrent que des chances d'une solution rapide au niveau national existent. Cela d'autant que la poursuite du vide conventionnel pourrait mettre en péril la libre circulation des personnes et les accords bilatéraux avec l'Europe.

Compromis acceptable
Pour Unia, la conclusion des accords locaux, qui couvrent aujourd'hui 28% des maçons du pays, montre que le compromis Nordmann, signé en décembre et pourtant rejeté en janvier par l'assemblée des délégués de la SSE, «est tout à fait praticable et acceptable». Raison pour laquelle le syndicat maintient la ligne suivie jusque-là qui est d'accepter de régler d'éventuels problèmes relevant de l'application de l'accord Nordmann, mais pas de revenir sur le fond, notamment sur la question de la flexibilité, dans le but de ne pas dégrader les conditions de travail déjà difficiles sur les chantiers.

SH

 

Edition n° 14 du 2 avril 2008

 
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