Horton, de Jimmy Hayward et Steve Martino, USA

Bandes de lancement avant la projection d' Horton, fin mars 2008 : un Walt Disney/Pixar (vous savez, le petit personnage qui plante un clou !) pour l'été 08, un panda fourni par Dreamworks et une suite à L'âge de glace, non, mais je rêve, pour l'été 2009 ! Plus d'un an avant la sortie et déjà l'eau mise à la bouche des spectateurs - assez nombreux - d'Horton. Parfait exemple de la puissance américaine, qui s'y prend longtemps à l'avance, qui en a les moyens, qui en tirera de bons profits. N'y aurait-il que l'animation proposée par Hollywood pour garantir, presque à coup sûr, de bonnes recettes ? On n'en regrettera que plus le maudit échec d'un film pourtant intéressant, l'européen à direction suisse, Max & Co, qui n'aura pas su se glisser dans un marché largement occupé par les américains, qui tolérent de temps en temps que des concurrents français, anglais ou japonais, aussitôt assimilés, trouvent place à côté d'eux.

La technique en 3D est parfaite : on fait même de la promo sur le nombre de poils qui atteindrait le million. Passons sur cet exploit technique, car il est difficile de contrôler si le chiffre énoncé est exact ! Reste alors à savoir s'il y a un film, donc une histoire bien troussée et des personnages bien campés. C'est le cas avec emprunt à des textes d'un certain Dr Suess, fort apprécié aux USA, qui va opposer deux mondes.

Dans la jungle de Nool, ni trop confortable ni trop hostile, vit tranquillement Horton, un éléphant même pas très grand mais un petit éléphant, c'est tout de même grand. Le début est un peu caoutchouté comme un chewing gum pas frais. Mais sur la fleur qu'Horton tient dans sa main, il y a une minuscule poussière jaune. Dans cette poussière est installée une ville entière, celle des Zous, dont le maire, père d'un seul fils et de nonante-sept filles, voit ses choix politiques fortement discutés par son conseil des vieux conservateurs qui veulent que surtout rien ne change !

Comment le monde des Nool va-t-il entrer en contact avec celui des Zous ? Par le regard, impossible : le minuscule n'est pas perceptible par le très grand. Mais Horton a des oreilles très grandes et très fines qui perçoivent des sons bizarres. Un jeu sonore d'habiles champ - Nool - contre-champ - Zous - permet à Horton de découvrir le maire esseulé.

Des liens vont se créer entre ces deux personnages rejetés par leur communauté. Horton, il est vrai, a fort à faire pour que ses compagnons de jungle croient à l'existence de ce monde minuscule repéré par le son. Madame Kangourou finit par le traiter de fou donnant un très mauvais exemple à la jeunesse. A Zouville, personne ne croit au danger annoncé par le maire. Chez les Nool, on va s'efforcer de détruire la poussière pour qu'Horton enfin se calme. Horton va tout faire pour protéger ses nouveaux amis en cachant la poussière dans un endroit inaccessible, perdu dans un champ aux millions de fleurs semblables.

L'équipe d'Horton est issue du studio de la 20th fox qui a déjà réussi un splendide et délirant coup avec L'âge de glace. On y manipule volontiers l'absurde. Par exemple : pour atteindre son but, Horton doit traverser un pont fragile aux planches suspendues sur deux cordes. Le pont, bien sûr, risque de s'effondrer. Horton sait que l'air est plus léger qu'un éléphant. Alors il se gonfle comme une grenouille pour diminuer son poids ! Et il parvient à son but !

Deux mondes s'ignorent, puisque tellement différents, mais ils vont apprendre à se connaître. Dans chaque univers, il y a celui que l'on prend pour un fou ou un dérangé. Ce sont les dérangés de chaque camp qui établissent le dialogue. Le grand éléphant sauvera le monde de ceux qui entourent le minuscule maire. Un bien joli conte assez provocateur !

Freddy Landry


 

Edition n° 16 du 16 avril 2008

 
Imprimer l'article
 
Haut de la page