Des Montheysans au conseil!
Les collaborateurs de Syngenta éliront bientôt leurs représentants à la caisse de pension

Maintenir la sensibilité des Montheysans au sein du Conseil d'administration de la Caisse de pension de Syngenta : Christian Cretton et Stéphane Nicolin en font leur affaire.

Quoi de plus rébarbatif pour le commun des mortels que les discussions sur les caisses de pension? Et pourtant, de la gestion de ces gigantesques bas de laine dépendra la retraite paisible de nombreux ouvriers et employés. Sur le site de Syngenta à Monthey, les conversations à ce sujet iront bon train jusqu'au 26 mai, date de la prochaine élection des six représentants du personnel et leurs suppléants au conseil d'administration de la caisse par l'ensemble des collaborateurs de Syngenta, à Monthey comme à Bâle. Parmi les candidats, Christian Cretton et Stéphane Nicolin font campagne.

Défendre les acquis
Après respectivement «vingt et dix-huit ans de boîte», et de nombreuses journées de formation aux problématiques spécifiques des caisses de pension, les deux hommes connaissent sur le pouce les préoccupations de leurs collègues. Car un site de production comme celui de Monthey réunit des cas très divers, avant tout du point de vue des salaires, des situations personnelles et de la pénibilité du travail. Des caractéristiques qui ont à leur tour des conséquences sur les attentes des collaborateurs envers les prestations de leur caisse. Pour ceux-ci, le slogan «Défendre les acquis» ne sonne pas creux. Il prend tout son sens lorsqu'on connaît les avantages que propose la caisse de Syngenta à ses assurés. Fondée en 2000, elle se porte bien et peut se permettre d'offrir des prestations supérieures aux minimas qu'impose la loi fédérale. A Syngenta, une rente est versée au partenaire d'un couple non marié après cinq ans de vie commune, ce que n'exige pas la loi. La retraite anticipée reste possible dès soixante ans avec la possibilité d'emporter tout son capital, et le droit aux prestations est assuré pour les cas d'invalidité dès un taux de travail de 25% (et non 40% comme le mentionne la loi). Et surtout, le taux de redistribution se monte à 7% à soixante-cinq ans, contre les 6,8% prévus par la loi. Et enfin, la rémunération des capitaux de couverture des assurés actifs se monte à 3,75%, un taux supérieur à la plupart des autres caisses.
Sur le papier, le défi des deux membres d'Unia paraît simple: représenter les intérêts ouvriers dans le conseil d'administration de la caisse. Dans la réalité, il faut tenir compte de deux éléments importants: le mode électoral (les salariés des deux sites, qu'ils soient ouvriers ou employés à col blanc, votent pour les mêmes candidats), et la différence de structure du personnel entre Monthey et Bâle. «Sur les 2890 assurés de la caisse, environ 1200 proviennent de Monthey, et parmi eux mille sont des ouvriers», explique Christian Cretton, actuel vice-président de la caisse, et membre du conseil d'administration depuis la fondation de la caisse. Cette réalité s'inverse à Bâle, où la majorité des collaborateurs sont des employés et des cadres moyens. En résumé, défendre les ouvriers revient à défendre la culture du site valaisan. «Ici, les employés sont proches des ouvriers, on est amis, on prend l'apéro ensemble, ce qui n'est pas le cas à Bâle à cause de la répartition des activités en plusieurs lieux. Grâce à cette proximité, nous pouvons défendre les intérêts de tous», précise Christian Cretton.


L'union fait la force
«Il faut maintenant garantir l'application de ce règlement, que nous avons négocié lors de notre précédent mandat. C'est l'objectif principal des trois prochaines années, précise Stéphane Nicolin, membre suppléant du conseil d'administration depuis 4 ans. Si la pression augmentait sur les capitaux, il faut garder des représentants du site de Monthey au conseil d'administration pour défendre ces prestations.» Pour l'instant, la caisse se porte bien, et figure parmi les plus saines de Suisse. Selon Christian Cretton, elle n'a été que peu touchée par la crise des Subprimes grâce à la stratégie financière adoptée par les administrateurs. Mais la vigilance reste de mise en ces temps incertains.
Pour parvenir à défendre leurs points de vue, en cas de divergence avec les cadres supérieurs, les représentants du personnel doivent harmoniser leur position et arriver unis aux séances de travail. «Face à nous, les six représentants du patronat, habitué à brasser de l'argent, vote toujours d'une même voix», explique Christian Cretton. Une désunion au sein du groupe signifie donc automatiquement une défaite du personnel au moment de la décision. Pour cette raison qu'il est important d'élire des candidats qui connaissent la réalité des travailleurs et qui montrent un réel intérêt pour leur mandat. «En cas de doute, il vaut mieux que les électeurs n'utilisent pas tous leurs suffrages» conclut le vice-président.

Bertrand Cottet

 

Edition n° 19/20 du 7 mai 2008

 
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